Name: Commune d'Auvelais. Dépôt 2025
Period: 1888 - 1976
Inventoried scope: 57,46 linear meters
Archive repository: State archives in Namur
Heading : Municipalities
Authors: Derycke, Louise — Focant, Marc — Laurent, Julien
Year of publication: 2026
Code of the inventory: I266
Commune d'Auvelais
La Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795), en vigueur lors de l'annexion par la France (1er octobre 1795), avait instauré des "municipalités de canton". Ce qui constitue Auvelais aujourd'hui était considéré comme deux villages à l'origine : Auvelais-le-Comté et Auvelais-le-Voisin. Entre 1795 et 1809, chacun des deux Auvelais dispose d'un agent municipal et d'un adjoint, chargés de l'administration des affaires purement locales. La réunion des agents municipaux à Fosses-la-Ville, chef-lieu du canton, constitue la municipalité de canton. En application de la loi concernant la division du territoire de la République et l'administration du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), les deux Auvelais deviennent des communes à part entière. En 1802, elles sont intégrées dans le canton de justice de paix de Fosses-la-Ville. Auvelais-le-Comté et Auvelais-le-Voisin fusionnent par arrêté impérial du 29 septembre 1809 pour former la commune d'Auvelais (1).
La commune fait partie du département de Sambre-et-Meuse (1795-1814) puis de la province de Namur ; des arrondissements administratif et judiciaire de Namur. Auvelais relève par ailleurs du canton de milice de Fosses-la-Ville de 1817 à 1870, de Tamines de 1870 à 1913 puis à nouveau de Fosses-la-Ville à partir de 1913 (2).
La commune d'Auvelais se situe à entre Charleroi et Namur. Elle s'étend de part et d'autre d'une boucle de la Sambre qui la sépare de Tamines à l'ouest. À l'est et au nord, la commune enjambe la rivière pour se prolonger jusqu'aux limites respectives de Jemeppe-sur-Sambre et de Velaine-sur-Sambre. Au sud, Auvelais est délimité d'Arsimont par le hameau des Ternes et une partie du ruisseau de la Biesmes, qui traverse ensuite la commune sur près de deux kilomètres avant de se jeter dans la Sambre (3).
La commune s'est établie principalement sur la plaine comprise entre les coteaux de la vallée. Au nord de la rivière, la pente devient vite raide et même inconstructible en certains endroits tandis qu'au sud, le dénivelé est plus progressif.
Outre le centre-ville compris dans l'intérieur de la boucle, la commune comprend plusieurs hameaux ou quartiers. La distinction entre ces deux termes peut être floue car le bâti est désormais continu, et de nombreux lieudits peuvent être considérés comme des hameaux ou des quartiers selon l'époque envisagée ; de fait, la physionomie d'Auvelais a fort évolué au cours des deux derniers siècles.
Les parties les plus densément bâties sont, au nord, le quartier du Voisin, enserré entre la Sambre et le chemin de fer et le quartier de la Sarthe, de l'autre côté de la Sambre ; au sud, le quartier de Pont-à-Biesmes et le quartier de Seuris. Le quartier de la Sarthe, peuplé essentiellement d'ouvriers, est doté de ses propres écoles en 1875 et de sa propre église en 1906 (4). Le quartier de Seuris est quant à lui sorti de terre à partir des années 1930 ; il naît de la volonté de fournir des logements abordables aux ouvriers occupés dans la commune. Un plan d'urbanisation est dressé dès la fin des années 1920 pour prévoir le tracé de nouvelles voiries et la construction d'habitations et d'écoles. Les alentours des glaceries Saint-Roch ont été considérés comme un quartier industriel à part entière.
Les principales autres zones d'habitat sont : la Larronnerie, Saint-Roch, le Terne du Moulin (ou les Ternes), la Pêcherie et la Vacherie (5).
À l'origine, Arsimont, en tant qu'ancienne dépendance d'Auvelais-le-Comté, fait partie intégrante de la commune d'Auvelais. Toutefois, le village connait une forte croissance et devient rapidement trop peuplé pour les infrastructures dont il dispose. Le manque d'efficacité systématique de la commune d'Auvelais dans la gestion des projets à Arsimont donne lieu à de nombreuses plaintes qui aboutissent à l'érection d'une paroisse indépendante et finalement à la création de la commune d'Arsimont en 1887 (6).
Auvelais et sa voisine Tamines représentent l'agglomération la plus densément peuplée de la Basse-Sambre - aucune ne portant toutefois le titre de ville à l'époque.
La population d'Auvelais évolue comme suit : 905 habitants en 1801 (en comprenant Arsimont), 2.578 en 1846, 7.188 en 1910, 8.338 en 1961 et 8.263 en 1976 (7).
La croissance démographique fulgurante du XIXe siècle s'explique par l'industrialisation rapide de la commune, elle-même en partie due à la convergence des voies de communication.
La première des voies de communication d'Auvelais est la Sambre, qui est depuis toujours la route la plus commode en particulier pour le transport de biens. Jusqu'au XIXe siècle toutefois, son tracé sinueux reste un problème majeur : en plus d'allonger considérablement le trajet des bateliers, il rend la rivière capricieuse et prompte à sortir de son lit en cas de crue. De ce fait, toutes les localités de bord de Sambre connaissent régulièrement des inondations importantes, surtout si elles se situent dans un méandre comme c'est le cas d'Auvelais.
Il a existé des barrages et écluses depuis le moyen âge au moins, mais les premiers efforts de normalisation de la Sambre ne sont véritablement entrepris qu'à la période hollandaise. Des travaux importants permettent l'établissement d'un système d'écluses modernes, l'approfondissement de certaines zones et, dans les méandres les plus longs ou difficiles, le détournement de la rivière. La première phase de canalisation de la Sambre est achevée au moment de l'indépendance de la Belgique (8). D'autres travaux d'amélioration sont entrepris dans les décennies qui suivent, tant pour faciliter la navigation que pour protéger les riverains des crues.
En ce qui concerne le réseau routier, Auvelais présente un tracé généralement sinueux et complexe : il faut en effet composer avec le relief parfois abrupt de la vallée. De plus, l'intrication du bâti dans les agglomérations rend certaines routes étroites et inégales. Des efforts continus d'alignement des chemins ont permis une circulation plus aisée, mais le réseau reste aujourd'hui assez tortueux dans le centre. Le grand axe formé par la route de la Basse-Sambre actuelle a été tracé au XXe siècle sur l'ancien lit de la Sambre, au nord de la commune. Il permet depuis une circulation plus directe avec Charleroi et Namur.
Un pont routier sur la Sambre (simplement appelé pont de Sambre par les habitants) assure le passage entre le centre et le quartier de la Vacherie, au nord. Bien que ce lien existe depuis le moyen âge, il a été reconstruit plusieurs fois (l'actuel pont date du milieu du XXe siècle). Le premier pont routier vers Tamines, dit pont de la Basse-Sambre, est quant à lui construit en 1933. Détruit en 1944, il est remplacé temporairement par une passerelle qui subsiste jusqu'à la reconstruction du pont, achevée en 1957 (9).
La commune est traversée par la route d'Éghezée, qui se prolonge par la route de Falisolle via un coude très marqué. Cette route se prolongeait autrefois en ligne droite mais a été détournée pour l'établissement du chemin de fer.
Auvelais se situant sur l'axe Charleroi - Namur, la construction de ce dernier est envisagée dès les premiers projets de réseau national. Deux ponts sont jetés sur la Sambre, assurant un trajet direct à travers la Basse-Sambre. Le chemin de fer est inauguré en 1843, la première gare en 1863 (incendiée en 1914, elle est reconstruite en 1936 de l'autre côté de la voie) (10). Le train transporte un nombre croissant de passagers, pour la plupart des ouvriers d'usine. Vers 1950, plusieurs milliers de navetteurs fréquentent quotidiennement la gare d'Auvelais (11).
L'économie locale repose longtemps sur l'agriculture ; les terres fertiles de bord de Sambre s'y prêtent particulièrement. Sous l'Ancien Régime, de grandes propriétés de l'abbaye de Floreffe y sont en exploitation (12). Par ailleurs, le débit de la Biesmes autorise l'activation de moulins dont certains restent en fonction au XXe siècle. Malgré son importance jusque-là, l'agriculture n'est pas le secteur économique qui a le plus porté Auvelais aux XIXe et XXe siècles ; il décline d'ailleurs grandement pendant cette période.
C'est l'industrie qui connait alors la plus forte croissance, entraînant avec elle des changements majeurs pour la commune et ses habitants.
Bien qu'il ait existé une activité d'extraction et de manufacture dans la région, ce n'est qu'au XIXe siècle que l'exploitation intensive du sous-sol permet le développement des usines modernes. En effet, la situation d'Auvelais en bord de Sambre et, surtout, sur un gisement considérable de houille, attire les entrepreneurs dès le début du siècle. L'établissement précoce du chemin de fer permet un développement d'autant plus rapide de l'économie.
Les charbonnages représentent la plus ancienne des grandes industries à s'installer à Auvelais. Étant donné l'abondance de gisements houillers dans le sous-sol, l'exploitation a commencé bien avant la révolution industrielle ; mais ce n'est qu'au XIXe siècle que les grandes exploitations font leur apparition. En 1826 est fondée la Société des Charbonnages d'Auvelais, et en 1838, celle des Charbonnages Saint-Roch (13). Ces deux sociétés fusionnent en 1860 pour devenir la Société des Charbonnages Auvelais-Saint-Roch.
Les gisements exploités à Auvelais se situent à l'intérieur de la boucle de la Sambre et couvrent une zone d'environ 370 hectares (14). Plusieurs puits de mine ont été creusés au fil du temps. La partie la plus étendue et la plus productive de la concession de 1826 se situait sous le territoire d'Arsimont (environ 630 hectares) ; elle est partagée en 1857 en deux concessions distinctes suivant les limites communales (15). En 1906, les charbonnages d'Auvelais emploient environ 400 personnes, et environ 300 en 1955 (16). Ces charbonnages cessent leur activité autour des années 1960 (17).
D'autres concessions ont "débordé" sur le territoire communal, tels les charbonnages Elisabeth, qui finissent par exploiter le site originel de la concession d'Auvelais (alors épuisée).
La facilité d'approvisionnement en charbon a permis de nourrir un large éventail d'industries, en premier lieu duquel le secteur particulier de la production d'électricité. En 1911, en vue de l'équipement de la province en électricité est fondée à Auvelais la SA Centrale électrique de l'Entre-Sambre-et-Meuse (ESMA, devenue plus tard ESMALUX). La centrale est bâtie en 1913 sur la rive gauche de la Sambre, à proximité des charbonnages. Elle a alimenté un grand nombre de communes namuroises, hennuyères et luxembourgeoises jusqu'en 1985, année de fermeture. En 1972, la centrale d'Auvelais emploie 587 personnes (18).
L'industrie la plus réputée de la région a sans doute été celle du verre. Une première glacerie, la Société des Glaces d'Auvelais, est établie en 1875 près du hameau de la Vacherie, et se développe jusqu'à occuper 900 ouvriers en 1928. Sa rivale, la SA des Glaceries nationales belges de Saint-Roch est fondée en 1889, son usine construite l'année suivante à l'intérieur de la boucle de Sambre. C'est cette dernière qui laissera son nom dans l'histoire locale, puisqu'elle connait un succès tel qu'elle rachète la Société des Glaces en 1932. L'activité est rassemblée sur le site de Saint-Roch, qui s'étend jusqu'à couvrir près de 40 hectares de l'espace compris entre la Sambre et le centre d'Auvelais. L'entreprise dispose d'un hôpital particulier tenu par des religieuses, qui prend soin des familles ouvrières. La multinationale Saint-Gobain finit par acquérir un nombre croissant de parts dans la société Saint-Roch, et c'est en tant que groupe Saint-Roch/Saint-Gobain que l'entièreté des glaceries de la Basse-Sambre sont regroupées et réunies sur le site d'Auvelais dans les années 1970 et 1980. L'industrie verrière a occupé plusieurs générations d'ouvriers à Auvelais ; en 1906, les glaceries emploient plus de 1.400 ouvriers (19). En 1976, les glaceries d'Auvelais comptent encore parmi les plus importantes du pays.
Les glaceries d'Auvelais ont par la force des choses orienté le développement industriel local, et il a existé dans la commune une multitude d'usines plus modestes vouées à l'approvisionnement de ce géant en matières premières.
Deux feutreries ont longtemps opéré à Auvelais à côté des glaceries. Les feutres en poils et laine avaient de nombreux usages et servaient notamment dans le procédé de polissage du verre ; ils étaient aussi utilisés comme pièces souples dans les machines. Ces entreprises fabriquaient par ailleurs des vêtements de travail ainsi que des produits ignifuges en amiante. Elles cessent toutes deux leur activité dans les années 1970 (20).
La SA Le bon Pain est fondée en 1907 à l'initiative des grands industriels d'Auvelais. Cette boulangerie industrielle a pour vocation première l'approvisionnement en aliments de base des ouvriers de la région, et par-là même de concurrencer les coopératives socialistes. L'entreprise connait rapidement le succès et diversifie ses activités. Pendant un temps, elle fait publier sa propre édition locale du journal catholique l'Union sociale. L'entreprise connait des déboires qui causent l'arrêt de la production en 1979 (21).
La SA des Produits chimiques d'Auvelais s'est implantée au nord du centre-ville, à côté du pont du chemin de fer, en 1853. Elle fabriquait divers produits à destination des ateliers métallurgiques et des glaceries, mais aussi des engrais et des substances pharmaceutiques. Elle emploie 250 ouvriers en 1926 (22).
Plus indépendant, le secteur de la métallurgie a été présent à Auvelais, même s'il s'est avéré moins pérenne. Bien qu'elle n'ait pas été la seule des entreprises de ce type, la plus célèbre a été la SA des ateliers Heuze, Malevé et Simon réunis (HMS), en activité depuis 1912 à côté des glaceries. L'entreprise fabriquait toutes sortes de structures métalliques et de machines, dont une grande partie était exportée à l'international. En 1968, le prince Albert visite cette entreprise, signe de son importance. Elle persiste jusqu'en 1980, date à laquelle elle emploie encore 600 personnes. Une rue de la commune porte encore le nom du fondateur Charles Heuze.
D'autres manufactures et exploitations plus modestes ont existé en parallèle.
Si c'est l'industrie qui a le plus pesé dans l'économie locale, le secteur tertiaire n'a pas été moins dynamique. En tant qu'agglomération importante et pôle d'activité, Auvelais a toujours connu une multitude de petits commerces, détaillants, cafés, hôtels, ateliers familiaux, assureurs, banques... (23) En 1955, d'après un rapport de la commune, environ 1.000 résidents et 1.000 étrangers à la commune travaillent dans l'industrie, le commerce et l'agriculture sur le territoire communal. Les revenus de la commune sont en grande partie tirés de la quote-part dans les revenus des usines (24).
En plus d'un centre économique, Auvelais est un pôle d'activité culturelle et de divertissement. Toujours d'après le rapport de 1955, la commune compte en effet trois bibliothèques, trois cinémas, cinq salles de spectacle, une plaine de jeux, en plus des trois places communales qui accueillent les sociétés de sport. Des projets de création d'autres espaces et infrastructures seront concrétisés dans les décennies qui suivent : trois centres de vacances, des terrains de sports et un centre culturel, sportif (comprenant une piscine) et administratif (nouvel hôtel de ville) prévus pour servir à l'ensemble des communes fusionnées de la Basse-Sambre.
Le premier réseau de bornes-fontaines est établi vers 1900. Pour l'alimenter, la commune établit une station de captage à Onoz. Le raccordement à l'électricité commence peu de temps après, accéléré par la présence de la centrale de l'ESMA. Le premier réseau d'égouts est construit en grande partie dans l'entre-deux-guerres.
La situation géographique de la Basse-Sambre, confluence d'axes de communication majeurs, fait d'Auvelais un passage inévitable pour les armées qui traversent le pays, et ce déjà au moyen âge. Le XIXe siècle épargne la région, peu affectée par les guerres de la période française ou la révolution belge.
En revanche, l'invasion de 1914 laisse des traces bien plus profondes. Le 21 août 1918, les armées françaises et allemandes se font face de part et d'autre de la Sambre ; le pont de la Sarthe est encore intact. Ce jour-là, la garde impériale franchit la rivière au prix de lourdes pertes et investit le centre-ville. Dans les combats et les heures qui suivent, 48 civils sont tués et 127 maisons incendiées (25). Au total, en 1931, 58 noms sont inscrits sur le monument aux victimes civiles. Si les pertes humaines sont bien inférieures à celles qu'a subi Tamines, les destructions matérielles sont significatives. Un cimetière militaire est établi dès 1917 pour recueillir les corps des soldats français tombés sur le sol de la commune ; on y transfère plus tard les corps des Français inhumés dans d'autres communes voisines.
La Seconde Guerre mondiale voit à nouveau l'entrée de troupes allemandes sur le territoire communal. En 1940, le pont de Sambre ainsi que le pont du chemin de fer sont détruits à l'explosif par l'armée française. La détonation provoque des dégâts à tous les immeubles alentours, y compris l'église Saint-Victor qui y perd une partie de ses vitraux. Les combats sont moins intenses qu'en 1914, bien qu'on dénombre une centaine de combattants français tués et enterrés à l'époque au cimetière militaire. De plus, sur la période 1940-1945, certains habitants de la commune connaissent la déportation voire pour quelques résistants, une exécution sommaire (26).
En préparation de la guerre, le service de protection (ou défense) aérienne passive (PAP ou DAP) est mis en activité dès 1938 à Auvelais. Cette organisation a pour but de protéger la population et les biens des dangers de bombardement (aérien ou terrestre). Elle se charge notamment de l'aménagement et de l'entretien des abris, de l'installation des systèmes de guet et d'alerte ; elle prodigue les premiers secours et lutte contre les incendies en cas de besoin. Elle se compose de quelques membres permanents et de volontaires, auxquels s'ajoutent des membres de la Croix-Rouge. La PAP d'Auvelais compte environ 200 membres entre 1942 et 1945 ; le groupement régional compte plus de 1.200 membres en 1945 (27).
En 1940, la PAP locale dépend d'une organisation provinciale, sous la direction du ministère de l'Intérieur. Pour mieux s'adapter à la situation du moment, l'organisation de la PAP est revue à plusieurs reprises au cours de la guerre ; ainsi, le groupement provincial s'efface au profit du groupement régional, chaque région de PAP étant définie selon ses capacités de protection. Vu la densité de population de la Basse-Sambre et la sensibilité de son infrastructure (gare importante et industries), la PAP d'Auvelais est dotée de moyens appréciables. Un centre de PAP régionale est créé à Auvelais à l'été 1944, qui regroupe jusqu'à 24 communes : Aisemont, Arsimont, Auvelais, Balâtre, Biesme, Falisolle, Fosses-la-Ville, Ham-sur-Sambre, Jemeppe-sur-Sambre, Keumiée, Le Roux, Mazy, Mettet, Moignelée, Mornimont, Moustier-sur-Sambre, Onoz, Sart-Eustache, Spy, Tamines, Temploux, Tongrinne, Velaine-sur-Sambre et Vitrival.
La PAP est dissoute en 1945. La maison où y avait été établi le quartier général, sur la grand-place, est démolie en 1946.
On recense peu de patrimoine ancien à Auvelais. Les plus anciennes constructions remontent au XVIIIe siècle : l'ancienne ferme du Pont-à-Biesmes (début du XVIIIe siècle), la ferme du Moulin (XXe siècle avec des éléments du XVIIIe) et quelques maisons de rangées. La grande majorité des habitations est cependant construite à partir de la seconde moitié du XIXe siècle à mesure que croît la population ouvrière.
Plusieurs grandes demeures ont été érigées dans la commune au fil du temps, souvent pour servir de résidence aux patrons d'industrie. Le château du Voisin, dans la rue du même nom, est élevé en 1746 mais plusieurs fois remanié. Il est la propriété de plusieurs familles successives, dont la famille Petit, qui en fait don aux Œuvres paroissiales catholiques en 1949 (28). Le château est actuellement occupé par le Collège Saint-André. Le château du Pont-à-Biesmes, de l'autre côté de l'agglomération, date de 1840 (29). Le château de Saint-Roch, ancienne résidence du propriétaire des glaceries dont il est voisin, est aujourd'hui inoccupé et en voie de délabrement. La villa Scoyer, aujourd'hui disparue, avait été construite à côté de la gare vers 1902. Elle avait pour particularité une ornementation en bois travaillée qui couvrait les balcons et les fenêtres principales de la façade. Elle est détruite lors des travaux d'aménagement de l'actuel parc (30). Le territoire de la commune comprenait encore d'autres résidences moins remarquables, telles que celle du directeur des charbonnages.
L'église néo-romane Saint-Victor est consacrée en 1911 ; elle remplace l'ancienne église paroissiale qui occupait le site adjacent. L'église néo-gothique Sainte-Barbe, élevée en 1906, dessert le quartier de la Sarthe (31).
Outre les grands édifices du culte, un rapport d'enquête préalable à l'établissement d'un plan d'aménagement, en 1955, cite encore six chapelles comme "édifices et sites à conserver" (Saint-Roch, Saint-Sang, Vieux Calvaire de la Sarthe, de la Vierge et du château Petit à Pont-à-Biesmes et Notre-Dame de Lourdes dans la rue de Velaine) (32).
Quatre monuments aux victimes de la guerre se dressent dans la commune, les plus imposants étant celui du cimetière communal et celui du cimetière militaire des Français. Ce dernier, aménagé avec un grand souci esthétique, peut être considéré comme un parc. Les tombes de soldats aménagées en arc de cercle occupent un espace vert à l'écart de l'agglomération, sur les hauteurs de la Vacherie. Le monument aux soldats français, en forme de phare, est aménagé en 1934 en l'honneur des nombreux Normands et Bretons tombés en 1914 (33).
Le 1er janvier 1977, la commune d'Auvelais est fusionnée avec les communes d'Arsimont, Falisolle, Keumiée, Moignelée, Tamines et Velaine-sur-Sambre pour former la commune de Basse-Sambre, actuelle Sambreville.
La fusion forme une entité de 27.284 habitants pour 3.422 hectares et est justifiée en ces termes dans le rapport au Roi précédant l'arrêté royal du 17 septembre 1975 portant fusion de communes et modification de leurs limites : "La fusion tend à fournir à l'agglomération d'Auvelais-Tamines et aux communes qui font partie de cette unité de vie sociale, les moyens de s'adapter à leurs activités actuelles. Cette zone urbaine ancienne doit être restructurée, aménagée et dotée d'équipements nouveaux capables de développer des fonctions urbaines supérieures" (34).
Le décret du 14 décembre 1789 relatif à la constitution des municipalités jette les bases de l'organisation municipale. Il fixe également le rôle qu'elles doivent remplir :
"Article 49. Les corps municipaux auront deux espèces de fonctions à remplir ; les unes propres au pouvoir municipal ; les autres, propres à l'administration générale de l'État, et déléguées par elle aux municipalités.
Article 50. Les fonctions propres au pouvoir municipal, sous la surveillance et l'inspection des assemblées administratives, sont : de régir les biens et revenus communs des villes, bourgs, paroisses et communautés ; de régler et d'acquitter celles des dépenses locales qui doivent être payées des deniers communs ; de diriger et de faire exécuter les travaux publics qui sont à la charge de la communauté ; d'administrer les établissements qui appartiennent à la commune, qui sont entretenus de ses deniers, ou qui sont particulièrement destinés à l'usage des citoyens dont elle est composée ; de faire jouir les habitants des avantages d'une bonne police, notamment de la propreté, de la salubrité, et de la tranquillité dans les rues, lieux et édifices publics.
Article 51. Les fonctions propres à l'administration générale, qui peuvent être déléguées aux corps municipaux pour les exercer sous l'autorité des assemblées administratives, sont : la répartition des contributions directes entre les citoyens dont la communauté est composée ; la perception de ces contributions ; le versement de ces contributions dans les caisses du district ou du département ; la direction immédiate des travaux publics dans le ressort de la municipalité ; la régie immédiate des établissements publics destinés à l'utilité générale ; la surveillance et l'agence nécessaires à la conservation des propriétés publiques ; l'inspection directe des travaux de réparation ou de reconstructions des églises, presbytères, et autres objets relatifs au service du culte religieux (35)".
Après l'indépendance de la Belgique, la Constitution belge du 7 février 1831 confie les intérêts exclusivement communaux à des conseils communaux élus directement, mais réserve le contrôle de leurs actes au Roi ou au pouvoir législatif, notamment pour empêcher qu'ils ne sortent de leurs attributions ou ne portent atteinte à l'intérêt général. La Constitution confie également aux autorités communales la rédaction des actes de l'état civil et la tenue des registres. Enfin, le Congrès national déclare qu'il est nécessaire de pourvoir par des lois séparées à l'organisation provinciale et communale.
La loi communale du 30 mars 1836 constitue le fondement du droit communal belge contemporain. Constamment adaptée, certains de ses articles demeurent en vigueur dans la nouvelle loi communale (NLC) de 1988 et dans le Code de la démocratie locale et de la décentralisation (CDLD) de 2004.
La manière dont les communes sont organisées est déterminée par la loi communale du 30 mars 1836.
Celle-ci prévoit l'existence d'un corps communal regroupant des conseillers, un bourgmestre et des échevins. Ils forment le Conseil communal. Le bourgmestre et les échevins, dont le mode de désignation a évolué au cours du temps, composent le Collège des bourgmestre et échevins ou Collège échevinal. À côté de ces fonctions politiques, chaque commune dispose d'un secrétaire et d'un receveur. Les commissaires de police et, dans certaines localités, les gardes champêtres se partagent les attributions en matière de police.
Les rapports annuels sur l'administration et la situation des affaires de la commune dressés en exécution de l'article 70 de la loi communale donnent un aperçu de l'organisation de chaque administration communale. Une copie de ces rapports était envoyée au Gouvernement provincial. Enfin, les registres aux délibérations du Conseil communal et du Collège constituent la source par excellence pour décrire l'organisation de la commune et son histoire.
L'article L1123-28 du CDLD dispose : "Le collège communal veille à la garde des archives et des titres ; il en dresse les inventaires en double expédition, ainsi que des chartes et autres documents anciens de la commune, et empêche qu'aucune pièce ne soit vendue ou distraite du dépôt". Cette disposition reprend mutatis mutandis les dispositions de l'article 100 de la loi communale de 1836 (devenu l'article 132 de la NLC). Une circulaire ministérielle du 9 janvier 1839 précise que la maison communale est le lieu le plus propre au dépôt des archives communales. La loi du 24 juin 1955 relative aux archives place les archives des communes sous la surveillance de l'archiviste général du Royaume ou de ses délégués. Elles ne peuvent être détruites sans que la commune n'ait obtenu l'autorisation de l'archiviste général du Royaume ou de ses délégués.
La mise en œuvre de ces dispositions et les mesures de sauvegarde ou de gestion des archives sont rarement documentées. Cet aperçu se base donc en ordre principal sur les rapports sur l'administration et la situation des affaires de la commune, sur les dossiers centraux des communes d'Auvelais et de Sambreville constitués par les Archives de l'État et enfin sur des renseignements glanés dans le présent fonds (36).
La première situation connue est celle donnée par un inventaire des archives communales daté de 1841. Il mentionne : les circulaires et la documentation administrative, les registres de l'état civil depuis l'an V (1797-1798), les comptes communaux (1815-1839) et du bureau de bienfaisance (1817-1838), les matrices cadastrales, les listes et registres d'inscription des miliciens (1817-1840) et de la garde civique (1831-1841), et enfin "plusieurs liasses de lettres sur divers objets". Il mentionne également "trois vieux registres aux réalisations des actes de cours et autres aux causes des communes d'Auvelais". L'inventaire du mobilier donne : une armoire à archives, une table, douze caisses, deux vieux coffres, les mesures décimales à l'usage des écoles, les cachets anciens et nouveaux, deux médailles de mayeur et une "boîte aux élections".
La situation des archives reste ensuite obscure. Cela est en grande partie dû au fait que la maison communale a brûlé le 10 octobre 1919 avec la quasi-totalité des archives, comme le rapporte l'inspecteur Gaston Beterams dans une note datée de 1963. Celui-ci précise aussi que, selon les dires du bourgmestre et du secrétaire communal de l'époque, les archives rescapées ont été déposées aux Archives de l'État à Namur vers 1960. Aucun dépôt ne semble avoir été effectué par la suite.
Il existe un court relevé des archives de la commission d'assistance publique daté de 1958, qui signale : les registres aux délibérations "depuis 1937" (entre guillemets dans le texte), les copies-lettres depuis 1947, les comptes depuis 1944 et les grands-livres.
Une nouvelle inspection menée par Beterams a lieu en 1970. Ce dernier rapporte :
"Les archives de la commune d'Auvelais sont conservées dans une salle spécialement affectée à cet effet où elles sont rangées dans des boîtes La Charte sur des étagères métalliques et dans les différents services communaux où elles sont placées dans des classeurs. Elles sont en excellent état et en ordre parfait, classées par SEPELI".
La description des archives conservées est succincte, étant donné l'absence de celles antérieurs à l'incendie (37). Le rapport se termine par la mention du projet de construction prochain d'une nouvelle maison communale dans laquelle une salle d'archives est prévue.
Un rapport d'inspection de Cécile Douxchamps-Lefèvre, chef de section, en date du 20 janvier 1977, nous indique que les archives sont restées aux sièges des anciennes communes.
Une nouvelle inspection est effectuée en 1990 par Daniel Van Overstraeten. À cette époque, le responsable des archives était Christian Hody. Il était chargé de la gestion des archives non courantes, de leur indexation et des recherches pour les services. Les documents sont conservés dans cinq salles distinctes, globalement en bon état et en bon ordre. L'ensemble est classé selon la Classification décimale universelle (CDU), il n'y a pas d'inventaire, mais des index existent pour les registres aux délibérations, les livrets de milice, les permis de bâtir, les enquêtes de commodo et incommodo et les dossiers du personnel. Pour le tri des archives, les archives sont envoyées à l'incinération après accord du secrétaire, du receveur et du commissaire de police ; les instructions de tri des Archives de l'État sont à l'étude, mais un rappel est fait de la législation existante en ce qui concerne l'obligation de demander une autorisation à l'archiviste général pour toute élimination d'archives. La commune utilise un centre de traitement des archives informatiques internes qui est en usage depuis 1973. Celles-ci sont gérées par deux programmateurs et un réparateur, le tout sauvegardé sur disques magnétiques et disquettes, mais également imprimé sur papier, la version papier servant à la conservation à long terme.
L'inspecteur note dans sa conclusion le sérieux avec lequel l'administration de Sambreville s'occupe de la gestion de ses archives.
Au cours des années 1990 et au début des années 2000, les locaux d'archives sont saturés et la question du tri et de l'élimination de certains documents se pose. Les archives de Sambreville qui nous sont parvenues comprennent d'ailleurs certaines lacunes pour l'ensemble des anciennes communes de l'entité. Ainsi ne conserve-t-on ni budgets, ni comptes, ni pièces justificatives pour les années antérieures à 1950 (38).
En 2004, une brève inspection est menée par André Vanrie. Ce dernier constate la bonne tenue des archives ainsi que la présence d'un membre du personnel communal employé spécialement pour la gestion des archives. L'inspecteur suggère que certains locaux peu utilisés soient convertis en locaux d'archives.
En 2009, la firme Mahut de Tournai a la charge de la gestion des archives ; les éliminations se font désormais en concertation avec les Archives de l'État.
Il faut signaler qu'une partie des archives d'Auvelais a subi des dégâts d'humidité à une époque indéterminée. De ce fait, si la plupart des documents conservés restent exploitables, les archives dans leur ensemble ont inévitablement subi des pertes.
La commune a signé, en date du 21 mars 2016, une convention de partenariat avec les Archives de l'État. Celle-ci charge l'équipe du projet "Archives locales de Wallonie" de préparer le dépôt des fonds communaux antérieurs à la fusion en procédant à un tri et en rédigeant les inventaires. C'est également dans le cadre de cette collaboration que des archives postérieures à 1976 sans plus d'utilité administrative ou juridique et sans intérêt historique ont été détruites en parfaite concertation avec les différents services communaux et avec l'accord préalable du Collège communal et du délégué de l'archiviste général du Royaume.
Les archives ont été déposées par la commune de Sambreville. Le dépôt a été inscrit au registre des acquisitions des Archives de l'État à Namur le 11 avril 2025 sous le n° 2025/12.
Les archives décrites dans cet inventaire ont trait au fonctionnement et aux activités de la commune d'Auvelais entre 1888 et 1977. Les documents antérieurs à la Première Guerre mondiale sont pratiquement inexistants du fait de l'incendie de la maison communale en 1919. Les documents qui nous sont parvenus du XIXe siècle concernent essentiellement des travaux de voirie et du réseau de distribution d'eau ; on conserve par ailleurs un registre de biens communaux de 1893 et la copie du procès-verbal de délimitation des communes d'Auvelais et de Ham-sur-Sambre de 1822.
La période 1900-1920 est quasiment aussi pauvre. Une grande partie des documents concerne là encore des travaux de voirie ou la gestion du réseau de distribution d'eau, mais également la gestion du patrimoine (acquisition et ventes de parcelles). On conserve par ailleurs un registre des concessions de cimetière (1900-1939), une partie des dossiers de milice et les dossiers concernant les dommages de guerre pour 1914-1918.
La période postérieure à 1919 est nettement mieux représentée. Le registre aux délibérations le plus ancien s'ouvre au 21 octobre 1919, soit quelques jours après l'incendie ; il en va de même pour les registres de la population.
De manière générale, la masse d'archives conservée va croissant à partir des années 1920, en particulier à partir des années 1950. La décennie 1970 est de loin la mieux fournie.
On sait que la commune a subi des dégâts matériels (bombardements, dynamitage des ponts) lors de la Seconde Guerre mondiale, sans qu'il y ait de mention directe de pertes exceptionnelles durant cette période. L'absence presque complète des archives du service des finances avant 1950, notamment, ne semble pas avoir de lien avec la guerre.
Procédons par grandes séries d'archives :
On appelle Collège des bourgmestre et échevins ou Collège échevinal la réunion des bourgmestre et échevins chargés de l'administration de chaque commune. Le bourgmestre et les échevins, agissant ensemble et indivisément, procèdent par voie de délibération. Ils constituent un corps délibérant du pouvoir exécutif et non pas un pouvoir délibérant législatif, tel que l'est le Conseil communal. Les actes posés par le Collège ne font généralement qu'administrer, exécuter ou appliquer les lois et règlements à des cas particuliers ou à des individus déterminés, sauf le droit de règlementation résultant d'une délégation. Toutes les décisions importantes prises par le Collège et les délibérations du Conseil sont consignées dans deux séries de registres. Ces registres aux délibérations permettent normalement de suivre l'évolution de la politique locale et la gestion des affaires communales, depuis les premières années du XIXe siècle jusqu'à nos jours.
Les finances communales occupent une part importante de l'activité de l'administration et constituent un élément particulièrement important des archives. Chaque année un budget est établi par le Collège, mis à l'approbation du Conseil et soumis à l'autorité de tutelle. Par la suite, une comptabilité précise des dépenses et des recettes est tenue par le receveur communal. Toutes les initiatives et les activités menées par les autorités communales se retrouvent dans ces dossiers. Le moindre engagement financier donne lieu à des contrats, factures et mandats de paiement de toute nature. Les pièces justificatives aux comptes ne sont toutefois pas toutes conservées et pour les périodes récentes, un tri est opéré par l'archiviste, qui ne conserve finalement que les dossiers les plus significatifs et une année type par législature, permettant au chercheur d'évaluer correctement l'évolution à long terme des finances communales.
Si la gestion financière nous renseigne sur tous les aspects des activités communales, elle génère aussi de nombreux documents très utiles pour connaitre les personnes qui habitent la localité. L'administration perçoit en effet sur les habitants des taxes et des impôts divers. Elle tient à cet effet des rôles de contribuables, qui complètent les informations individuelles reprises dans les registres de la population. Les propriétés foncières sont également taxées et chaque commune dispose de registres et de plans cadastraux, déposés par les services du Cadastre, qui donnent une idée fort précise de l'organisation de l'espace et de la structure de la propriété immobilière. On peut suivre par ce biais l'histoire d'une habitation ou d'un terrain au cours des ans et en connaitre les propriétaires successifs.
Le patrimoine communal se compose de nombreux biens immobiliers divers. Il existe donc dans les archives d'importants dossiers relatifs à l'acquisition, à l'échange, à l'expropriation ou à la vente de biens communaux ou encore de dossiers constitués dans le cadre des ventes de coupes de bois. En règle générale, les principaux édifices du village sont aussi propriété communale : l'église, le presbytère, l'école et le cimetière nécessitent ainsi un couteux entretien et des travaux réguliers que l'on peut suivre d'année en année à l'aide des dossiers constitués et conservés par l'administration.
L'état civil a été institué en France par décret du 20 septembre 1792. À partir de cette date, dans chaque commune, l'officier de l'état civil consigne dans des registres distincts tenus en double les naissances, les mariages et les décès intervenus sur le territoire communal au cours de l'année. Il tient aussi un registre pour les publications de mariages. L'officier de l'état civil clôture ses registres en fin d'année et transmet un exemplaire au greffe du tribunal de première instance de l'arrondissement, avec le registre aux publications de mariages, tenus en un unique exemplaire. L'exemplaire communal est encore aujourd'hui conservé par la commune afin d'éviter la présence dans le même bâtiment des deux exemplaires.
Depuis 1847, les communes doivent tenir un répertoire de l'ensemble des habitants ayant leur résidence habituelle dans la commune. Ces registres de population, actes authentiques et publics renouvelés après chaque recensement décennal, rendent compte de la composition de chaque famille, de l'identité des individus et des mouvements qui interviennent, tels qu'arrivées dans la commune, départs, naissances, mariages ou décès.
Dans le fonctionnement journalier de l'administration communale, ces registres servent à l'établissement des travaux de statistique (pour les opérations de recensement et l'établissement des mouvements annuels d'émigration et d'immigration), à la révision des listes électorales (pour les chambres, le conseil provincial, le conseil communal, les conseils de prud'hommes, les conseils de l'industrie et du travail), à l'organisation de la police (pour les recherches sur l'identité des délinquants), de la milice et de la garde civique (le service de la garde civique est dû par celui qui a une résidence réelle), à la détermination du domicile de secours des indigents et des enfants qui ont droit à l'instruction gratuite, à la participation à l'affouage, etc.
Pour l'historien, ces registres sont d'un grand intérêt pour toutes les données socioéconomiques et démographiques qu'ils renferment (avec les nom et prénoms, le lieu et la date de naissance, l'état civil, le domicile légal, la profession, la fonction ou la position, la nationalité et des renseignements relatifs à la milice, à la garde civique ou encore au casier judiciaire).
La tenue des registres de population rentre dans les tâches de l'administration générale de la commune, donc dans les attributions du Collège communal. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté royal du 30 décembre 1900, c'est désormais l'officier de l'état civil qui est chargé de faire observer exactement tout ce qui concerne leur tenue. Les registres obligatoires sont le registre principal, les registres d'entrée et de sortie des habitants. Enfin, les règlements imposent la confection d'un index ou répertoire des noms des habitants. Depuis le début des années 1980, les registres de population tendent à disparaitre au profit de bases de données informatiques établies en connexion avec le registre national des personnes physiques.
C'est au niveau communal que sont constituées les listes des électeurs pouvant participer aux scrutins nationaux, provinciaux ou communaux. L'administration conserve ainsi des dossiers concernant les personnes éligibles et les candidats, les électeurs, le déroulement des différentes élections et généralement les résultats des élections communales, ainsi que l'installation des nouveaux conseils et collèges communaux. La teneur des listes électorales varie dans le temps en fonction de la législation en vigueur. Les listes d'électeurs sont vérifiées et modifiées périodiquement en fonction des revenus déclarés des habitants et, plus tard, sur base de leur domicile légal, de leur citoyenneté belge ou européenne, et d'éventuelles restrictions temporaires de leurs droits politiques, dues à une condamnation judiciaire ou à une incapacité mentale. La révision des listes électorales donne souvent lieu à des contestations, qui sont soumises aux cours et tribunaux.
C'est sur base des registres de l'état civil et de population que sont établis les registres de milice et les dossiers qui les accompagnent. Jusqu'à la suspension du service militaire obligatoire en 1994, on dressait chaque année la liste des jeunes hommes en âge d'être appelés. Selon les époques, ces candidats miliciens pouvaient échapper au service militaire en fonction d'un tirage au sort favorable, d'une exemption pour cause physique ou d'une objection de conscience. Des motifs divers permettaient aussi d'obtenir un sursis et de retarder l'enrôlement. Les dossiers constitués à cet effet sont généralement conservés, mais il faut souligner qu'ils peuvent faire largement double emploi avec ceux qui existent au niveau provincial ou national.
La commune s'occupe de tout ce qui concerne l'infrastructure, les voiries ou les bâtiments publics communaux soit en tant que principal maitre d'œuvre de certains projets, soit en tant qu'associée aux travaux menés par les autorités provinciales, nationales et plus tard régionales. L'établissement de la distribution d'eau potable, l'électrification des campagnes et l'installation progressive du téléphone ou de la télédistribution constituent une vaste entreprise qui modifie considérablement l'existence des populations rurales.
L'organisation de l'enseignement primaire constitue un secteur important de la politique communale au cours des XIXe et XXe siècles. Les archives communales conservent divers dossiers relatifs à l'organisation générale, au personnel enseignant, aux bâtiments scolaires et au matériel didactique. Des listes d'écoliers sont dressées annuellement ce qui permet de suivre la scolarisation de la jeunesse locale.
Dès le début du XIXe siècle, un Bureau de bienfaisance est institué dans chaque commune. Il s'occupe de soulager les habitants les plus pauvres et prend en charge certains frais récurrents comme ceux liés à la scolarisation des enfants, aux soins médicaux, aux domiciles de secours, à l'internement de déficients mentaux ou encore à l'éducation d'orphelins dans des établissements spécialisés, situés en général en dehors de la commune. Certains de ces organismes bénéficient des largesses de bienfaiteurs et sont en mesure de créer sur le territoire communal une œuvre de bienfaisance spécifique, principalement un home pour personnes âgées. Les autorités communales exercent une tutelle étroite sur les budgets et les comptes des institutions de bienfaisance et en contrôlent l'essentiel des activités. Aux bureaux créés en 1800 succèdent les commissions d'assistance publiques (CAP) en 1925, puis les centres publics d'aide sociale (CPAS) en 1977, devenus centres publics d'action sociale en 2004.
Sous Napoléon Bonaparte, la vie religieuse est réorganisée sur des bases nouvelles. L'Église catholique occupe alors une place prépondérante. Elle bénéficie en priorité des mesures prises par l'empereur visant à restituer aux paroisses tout ou une partie des biens qu'elles possédaient avant la Révolution et d'en assurer la gestion rationnelle. Des institutions publiques, connues sous le nom de fabriques d'églises, sont instituées par un décret du 30 décembre 1809, afin de prendre en charge l'organisation matérielle du culte. Si la majorité des églises appartient à la commune, qui en assure la restauration et l'entretien, les fabriciens se chargent d'administrer les biens propres de la paroisse. Ils se chargent également de subvenir aux frais du culte tels que le luminaire ou une partie du mobilier et de l'aménagement intérieur. Les autorités communales exercent une tutelle étroite sur les budgets et les comptes des fabriques d'églises et en contrôlent l'essentiel des dépenses. Quant aux ministres du culte, ils sont payés directement par l'État, mais reçoivent parfois un supplément de traitement de la commune et entretiennent avec les autorités municipales des relations étroites, qui reflètent généralement fort bien l'évolution des rapports complexes entre l'Église et l'État aux XIXe et XXe siècles.
Toutes les pièces sont en français.
Le tri a été effectué conformément aux directives suivantes :
MARÉCHAL G., Conservation et destruction des archives communales. Directives et recommandations, t. 1 : État civil, population, milice, finances. Bruxelles : Archives générales du Royaume et Archives de l'État dans les Provinces, 1988. Miscellanea Archivistica Studia, 1.
MARÉCHAL G., Conservation et destruction des archives communales. Directives et recommandations, t. 2 et 3. Bruxelles : Archives générales du Royaume et Archives de l'État dans les Provinces, 2005. Miscellanea Archivistica Manuale, 52 et 53.
Le fonds est clos et la plupart des documents sont désormais conservés aux Archives de l'État. Les principales exceptions sont les permis d'urbanisme, les registres de l'état civil et les atlas des cours d'eau non navigables ni flottables et des chemins vicinaux. Ces deux derniers documents sont du reste désormais consultables sur le Géoportail de la Wallonie, http://geoportail.wallonie.be. L'absence de dépôt s'explique, d'une part, par l'utilité administrative pour les services communaux et, d'autre part, par l'existence d'un double de l'état civil (exemplaire venant du greffe du tribunal de première instance) et des permis de bâtir (exemplaire venant de l'Administration de l'Urbanisme) aux Archives de l'État.
Les archives de la commune étaient partiellement classées selon le système de classement décimal national (CDN). Ce type de catalogage ne convient cependant pas pour les archives définitives pour les raisons suivantes :
• Ce classement par sujet a un caractère artificiel. Outre le fait qu'il soit subjectif (choisir un seul élément du contenu est une opération souvent hasardeuse), ce catalogage effectué à posteriori est distinct de l'organisation initiale des archives, organisation reflétant le fonctionnement des services. Ce classement est contraire au principe de respect de la structure du fonds d'archives, de l'ordre organique résultant du traitement administratif (39). Ainsi par exemple, pour les archives relatives aux bâtiments communaux servant à l'enseignement, ces dossiers ont-ils initialement été produits et traités par le service communal des travaux ou le service communal en charge de l'enseignement ? Il n'est plus possible de le dire et nous avons dû faire des choix de manière arbitraire. L'authenticité et l'intégrité des dossiers tels qu'initialement constitués ne pourront plus être établies avec certitude.
• Les descriptions contenues dans ce type de classement ont un caractère peu détaillé qui ne répond en aucun cas aux normes archivistiques internationales en vigueur pour la réalisation d'instruments de recherche (principalement la norme ISAD(G)). Ainsi, les dates extrêmes des dossiers étaient-elles rarement indiquées.
• Les archives n'ont fait l'objet d'aucun tri préalable à leur classement.
Ainsi a-t-il été indispensable de reclasser l'ensemble des documents en utilisant le cadre de classement repris dans la publication de Guy Gadeyne (40).
Les principales subdivisions de ce cadre sont les suivantes :
I. Généralités
II. Organisation et personnel
III. Patrimoine
IV. Finances et fiscalité
V. État civil
VI. Population
VII. Élections
VIII. Affaires militaires et guerres
IX. Ordre et sécurité publics
X. Santé publique
XI. Travaux publics, services d'utilité publique, aménagement du territoire et urbanisme
XII. Enseignement
XIII. Culture, sports et divertissements
XIV. Vie économique
XV. Affaires sociales et règlementation du travail
XVI. Bureau de bienfaisance et Commission d'assistance publique
XVII. Relations avec les cultes reconnus
Les rubriques ont été adaptées au fonds d'archives selon les besoins spécifiques. Sous une sous-rubrique, les différentes descriptions archivistiques ont été classées dans l'ordre chronologique.
Les archives (hormis les registres de la population, des étrangers et de l'état civil) de moins de 30 ans ou de plus de 30 ans mais non librement communicables en raison de restrictions légales liées par exemple à la protection de la vie privée et des données à caractère personnel sont communicables moyennant une autorisation du Collège communal. Les archives de plus de 30 ans et sans restriction légale sont librement communicables. Les archives de plus de 100 ans sont réputées ne plus contenir de données à caractère personnel sur des personnes vivantes et sont donc librement communicables.
Pour les registres de la population et les registres des étrangers clos depuis moins de 120 ans, seuls des extraits, des certificats ou des listes de personnes peuvent éventuellement être délivrées moyennant une autorisation écrite du Collège communal. Les registres clos depuis plus de 120 ans sont communicables à des fins généalogiques ou historiques ou d'autres fins scientifiques.
Pour plus d'information, veuillez consulter le portail www.arch.be.
La reproduction des documents s'opère selon les règlements et tarifs en vigueur aux Archives de l'État. Pour le cas plus particulier des registres de la population et des registres des étrangers, des reproductions peuvent être délivrées pour les seuls registres clôturés depuis plus de 120 ans. Pour les registres de moins de 120 ans, une autorisation du Collège communal est nécessaire.
Bibliographie historique de la province de Namur (qui parait depuis 1981 [pour 1979] dans la revue namuroise Le Guetteur wallon).
DELOOZ R., Auvelais, Arsimont, Velaine-sur-Sambre et Keumiée, Lonzée, 2009 (2000).
DE SEYN E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, Turnhout, s.d.
FICHEFET J., Nouvelle histoire de Tamines. Étude historique, économique et sociale, Gembloux, 1963.
HASQUIN H., Communes de Belgique. Dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, t. 1 et 2 : Wallonie, Bruxelles, 1980.
Histoire et patrimoine des communes de Belgique, Province de Namur, Bruxelles, 2008.
Inventaire du patrimoine immobilier culturel, en ligne : https://lampspw.wallonie.be/dgo4/site_ipic/index.php (consulté le 07/01/2025).
ROLAND C.-G. et LAHAYE L., dir., Les communes namuroises. Auvelais et Arsimont, t. 1, t. 2 et t. 3, Namur, 1905-1906.
VRIELINCK S., De territoriale indeling van België (1795-1963). Bestuursgeografisch en statistisch repertorium van de gemeenten en de supracommunale eenheden (administratief en gerechtelijk). Met de officiële uitslagen van de volkstellingen, Louvain, 2000, 3 vol.
L'entrée de ce fonds aux Archives de l'État et les opérations d'inventaire ont été réalisées dans le cadre du projet "Archives locales de Wallonie". Ce projet se donne pour but d'aider les villes, communes et centres publics d'action sociale à mieux gérer leurs archives et de leur permettre de les déposer dans le respect des prescriptions légales.
Marc Focant, Virginien Horge, François Moreau et Vincent Pirlot se sont chargés du tri, de la rédaction de bordereaux d'élimination et de la préparation du dépôt dans les locaux communaux.
La rédaction d'une partie de l'inventaire a été réalisée par Marie Coppens, étudiante en histoire, dans le cadre d'un contrat d'étudiant. Marc Focant a encadré le travail de l'étudiante et a revu l'ensemble. La partie restante de l'inventaire a été réalisée par Louise Derycke et Julien Laurent, attachés en charge du projet. Ce travail a été terminé en 2025. Marc Focant, chef de projet, Emmanuel Bodart, chef de service et Sébastien Dubois, directeur opérationnel, ont relu l'inventaire et apporté diverses corrections avant publication. Enfin, le conditionnement du fonds a été effectué par Serge Uwayezu.
L'inventaire est conforme à la norme ISAD(G) et aux Directives relatives au contenu et à la forme d'un inventaire d'archives des Archives de l'État (version d'août 2014).
| 1 - 13 | Registres aux délibérations. 1919-1976. | ||||||||
| 1 | 21 octobre 1919 - 11 juillet 1933. | 1 volume | |||||||
| 2 | 21 septembre 1933 - 18 août 1942. | 1 volume | |||||||
| 3 | 18 septembre 1942 - 5 mai 1947. | 1 volume | |||||||
| 4 | 9 juin 1947 - 13 mai 1949. | 1 volume | |||||||
| 5 | 10 décembre 1948 - 20 juillet 1951. | 1 volume | |||||||
| 6 | 13 août 1951 - 5 mars 1953. | 1 volume | |||||||
| 7 | 5 mars 1953 -11 décembre 1953. | 1 volume | |||||||
| 8 | 30 décembre 1953 - 30 juillet 1959. | 1 volume | |||||||
| 9 | 11 septembre 1959 - 25 octobre 1967. | 1 volume | |||||||
| 10 | 7 novembre 1967 - 8 décembre 1970. | 1 volume | |||||||
| 11 | 11 janvier 1971 - 26 juin 1973. | 1 volume | |||||||
| 12 | 23 août 1973 - 10 février 1976. | 1 volume | |||||||
| 13 | 10 février 1976 - 21 décembre 1976. | 1 volume | |||||||
| 14 | Rapports sur l'administration et la situation des affaires de la commune. 1929-1969. | 1 chemise | |||||||
| 15 | Pétition des élus socialistes demandant la dissolution des commissions communales nommées par le Collège et la nomination de nouveaux membres par la Conseil communal. 11 février 1967. | 1 pièce | |||||||
| 16 | Carte postale de V. Gérard au Conseil communal annonçant la remise d'une médaille commémorative à la ville de Volgograd (Stalingrad). [1970]. | 1 pièce | |||||||