Inventaire des archives de la paroisse Notre-Dame de Messines à Mons, (1496) 1619-1999

Archive

Name: Paroisse Mons Notre-Dame de Messines

Period: 1496 (1619 - 1999)

Inventoried scope: 10 linear meters

Archive repository: State archives in Mons

Heading : Parishes, church councils and Holy Spirit Tables

Inventory

Authors: Niebes, Pierre-Jean

Year of publication: 2025

Code of the inventory: AEM.02.210

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Producteur d'archives

Nom

Fabrique d'église de Saint-Nicolas-en-Bertaimont (Ancien Régime)
Fabrique d'église de Saint-Nicolas-en-Bertaimont (1801-1992)
Fabrique d'église de Notre-Dame de Messines (1992-)
Paroisse de Saint-Nicolas-en-Bertaimont (1227-1797)
Paroisse du Béguinage (1270-1796)
Paroisse de Saint-Nicolas-en-Bertaimont (1803-1992)
Paroisse de Notre-Dame de Messines (1992-)

Historique

La partie méridionale du territoire de Mons, limitée par la Trouille, dans son ancien cours au bas de la ville, et par les communes d'Hyon et de Cuesmes, portait au XIIe siècle le nom de Bertaimont, en latin Bertemons. Une chapelle dédiée à Saint-Nicolas y est mentionnée en 1182 et elle devient paroisse en 1227, après celle de Saint-Nicolas en Havré, créée en 1224. Elle était située au coin de la chaussée de Maubeuge et de la voie de Cuesmes (rue du Trieu), près de l'actuelle chapelle du Bon Dieu de Pitié, en dehors de l'enceinte communale de la fin du XIIIe siècle et donc coupée de l'axe principal de la paroisse constitué par la rue de Bertaimont.
Le culte de Notre-Dame de Messines s'y développe entre 1615 et 1620, autour d'un tableau marial rapporté de l'abbaye bénédictine de Messines-lez-Ypres, sanctuaire marial depuis le XIe siècle, dans le contexte de la Réforme catholique très active sous le règne des Archiducs Albert et Isabelle.
Victime de l'insécurité qui règne en temps de guerre dans ce faubourg implanté sur les contreforts du Mont Héribus, l'église est détruite et reconstruite à plusieurs reprises, notamment lors du siège de 1572, puis définitivement démolie et déplacée à l'intérieur des remparts où sa construction débute en 1668. Sa tour, commencée en 1670, est achevée en 1672. Ce déplacement intra-muros permet de recentrer l'église au milieu de sa paroisse tandis que le quartier extra-muros est abandonné. Cette deuxième église était située à proximité de la porte de Bertaimont, presqu'accolée à la muraille du rempart (actuel parc de la banque Belfius, avenue Jean d'Avesnes). Elle est consacrée par l'archevêque de Cambrai en septembre 1673. Elle subit des dommages notamment lors du siège de Mons par Louis XIV en 1691, puis lors des sièges de 1709 et 1746 car elle est située en première ligne. Le cimetière, situé derrière le chœur de l'église, est supprimé sous Joseph II, en 1785. Cette église disposait d'un curé et d'un vicaire chargé de visiter les malades à l'extérieur de la ville (1).
En 1799, cette deuxième église de Saint-Nicolas de Bertaimont, fermée en 1797, est vendue comme bien national et démolie. L'église de la paroisse du Béguinage de Cantimpret, fondée au XIIIe siècle, est également détruite à cette époque, après la suppression de cette paroisse en 1796 (2).
À la suite de la ratification du Concordat par Pie VII et Napoléon, le 15 août 1801, de nouveaux diocèses sont créés. Le diocèse de Tournai correspond au département de Jemappes. Le premier évêque du nouveau diocèse de Tournai se nomme François-Joseph Hirn (1751-1819). Une de ses premières tâches et le redécoupage des circonscriptions des paroisses et succursales du diocèse, en particulier celles des villes de Mons et Tournai (3).
En novembre 1802, les paroissiens du quartier de Messines (4) réclament au préfet Garnier de pouvoir disposer de l'ancienne église Sainte-Croix du couvent des Récollets, branche réformée de l'ordre franciscain. Ils lui expliquent que "par leur position, ils se trouvent placés à l'extrémité de cette ville et éloignés de toute église, que le territoire de leur paroisse s'étend bien avant vers Ciply et Mesvin et que, par la destruction de la leur, ils sont privés des moyens et secours spirituels, et quelques fois en hiver, dans les grandes crues d'eau, séparé du reste de la ville" (5). Cette église, située dans la rue de Bertaimont, est alors la propriété de la ville de Mons qui la cède aux paroissiens pour l'exercice du culte catholique dans cette nouvelle église succursale. Les paroissiens s'engagent à fournir le logement du curé et du vicaire (6) et proposent à cet effet la maison du syndic des Récollets située dans la cour de l'église. En 1803, le décret sur la nouvelle organisation du diocèse déclare cette église succursale de la paroisse de Sainte-Waudru et en définit les limites. La population de la paroisse de Messine s'élève alors à 3.826 habitants (7).
Le Petit béguinage est donné à la nouvelle paroisse par un décret épiscopal du 4 décembre 1806. Par un autre décret du 2 juin 1810, "le recteur, marguilliers et fabriciens de l'église succursale de Saint Nicolas en Bertaimont" (8) obtiennent de l'évêque de Tournai une augmentation du territoire de leur paroisse, par l'annexion d'une partie du territoire des anciennes paroisses supprimées de Saint-Germain et du Béguinage.
Le couvent des frères mineurs avait été fondé à Mons en 1238 avec le soutien de la comtesse Marguerite de Constantinople. Supprimé à l'époque de la Révolution française, ce couvent des Récollets de la rue de Bertaimont est démoli en 1820, à l'exception de son église devenue paroissiale. Cette église est une construction de la fin du XVIIe siècle. L'église a été reconstruite en 1695, après sa destruction partielle lors du siège de 1691. Le chevet du chœur et le portail sont des restes de l'église gothique élevée au XVe siècle. Les restes de la façade gothique sont dissimulés derrière la tour du clocher et le parement de la façade en briques et pierres de Soignies, œuvres de l'architecte Charles Sury, datant des années 1851 à 1853.
Au début du XIXe siècle, la nouvelle paroisse a hérité de mobilier provenant de paroisses supprimées (9). Les lambris du chœur représentant les apôtres proviennent de l'église paroissiale du Béguinage. Les statues du chœur proviennent de l'ancien collégiale Saint-Germain.
En 1841, le presbytère du Béguinage est vendu et une partie du terrain des Récollets est acquise pour y construire l'actuel presbytère. Une nouvelle sacristie est bâtie entre 1858 et 1861.
L'église de Saint-Nicolas en Bertaimont prend officiellement le nom de Notre-Dame de Messines en 1992.

Compétences et activités

Les fabriques d'église contemporaines ont été instituées par les "articles organiques" joints au Concordat de 1801 et qui ont été adoptés par une loi du 18 germinal an X (8 août 1802). C'est un décret impérial du 30 décembre 1809 qui a réglementé l'organisation et le fonctionnement des fabriques d'église. Elles sont administrées par un conseil de fabrique qui approuve les budgets et les comptes, décide de toutes les dépenses extraordinaires et accomplit tout ce qui dépasse l'administration ordinaire (baux à long terme, aliénations et échanges de biens, procès, etc.). Issu du conseil, le bureau des marguilliers est chargé de l'exécution de ses délibérations, établit le budget et assure la gestion quotidienne du temporel de la paroisse. La loi sur le temporel des cultes du 4 mars 1870 a réglé les modalités de transmission aux autorités civiles des comptes et budgets des fabriques d'église.

Archives

Historique

Les archives paroissiales étaient conservées dans la sacristie, au rez-de-chaussée et dans une salle à l'étage.

Acquisition

Les archives de la paroisse et fabrique d'église de Messines ont été versées aux Archives de l'État à Mons le 22 janvier 2020 (entrée d'archives n° 2578) et le 18 septembre 2020 (entrée d'archives n° 2599). Un contrat de dépôt a été signé le 8 octobre 2024.

Contenu

L'inventaire débute par la description de documents produits par la fabrique d'église avant le Concordat de 1801. Il s'agit de documents relatifs à la gestion des biens (fondations, rentes, location) et à la gestion financière.
Suivent les documents produits par la fabrique d'église après le Concordat de 1801. Ils sont répartis sous différentes rubriques : généralités, administration, personnel, gestion des biens et fonds destinés au culte. Cette rubrique relative à la gestion des biens comprend les biens immeubles dont l'église paroissiale (les documents relatifs aux travaux sur le bâtiment, contenant notamment des plans, sont particulièrement nombreux), le presbytère et les propriétés foncières puis les biens meubles soit le mobilier de l'église, les fondations, les rentes. La rubrique consacrée à la gestion financière comprend des documents relatifs à la comptabilité, aux budgets, aux comptes et des pièces justificatives.
Les documents produits par la cure se répartissent entre différentes rubriques : généralités, correspondance, limites de la paroisse, personnel, recherches historiques, plans, les activités pastorales (dont l'administration des sacrements avec les registres des baptêmes dont trois d'Ancien Régime, de 1675 à 1793) (10), la liturgie, le soin des âmes.
Les documents produits par d'autres institutions de la paroisse concernent les différentes confréries, sociétés, le comité paroissial de charité et les écoles.
L'inventaire se termine par les documents produits par l'ancienne église paroissiale du Béguinage de sainte Waudru en Cantimpret, avant sa suppression en 1803. Ils concernent la fabrique d'église, la cure et la confrérie Notre-Dame de Bon-Secours.

Langues et écriture des documents

La grande majorité des documents de ce fonds sont rédigés en français. Quelques documents sont en latin.

Sélections et éliminations

Le tri a été effectué conformément aux directives en vigueur promulguées par les Archives de l'État en concertation avec les autorités ecclésiastiques : Tableau de tri des archives des fabriques d'église et des paroisses approuvé par l'Archiviste général du Royaume et la conférence épiscopale de Belgique, Bruxelles, 2016 (Tableaux de gestion et tableaux de tri, n° 193).

Accroissements / compléments

La paroisse Notre-Dame de Messines à Mons poursuit actuellement ses activités, de sorte que des archives pourront à l'avenir compléter ce dépôt. En outre, il est possible que des documents encore conservés dans la paroisse ou considérés comme perdus viennent compléter le fonds.

Mode de classement

Le classement est basé sur le cadre de classement proposé par le tableau de tri des archives paroissiales actuellement en vigueur. Il distingue d'une part les archives de la fabrique d'église (avant et après le Concordat de 1801), de statut public, et d'autre part les archives de la cure, qui sont des archives privées. Les archives de la fabrique d'église contiennent les documents produits par la fabrique en tant qu'établissement public chargé de l'entretien des lieux de culte et de l'administration des biens et des fonds affectés à l'exercice du culte. Les archives de la cure rassemblent les documents liés à la gestion administrative et pastorale de la paroisse : son organisation, son fonctionnement, les relations avec les autorités ecclésiastiques, l'administration des sacrements, la vie liturgique, le soin des âmes, l'action sociale et charitable, l'enseignement. Les archives des autres institutions et associations de la paroisse et les archives personnelles des curés sont traitées séparément.

Conditions d'accès

Les archives décrites dans le présent inventaire peuvent être consultées en salle de lecture des Archives de l'État à Mons moyennant le respect de la réglementation en vigueur. La communication des archives de moins de 100 ans contenant des données à caractère personnel nécessite une autorisation préalable, selon les cas, soit du président de la Fabrique d'église, soit du curé de la paroisse.
Les archives de moins de 30 ans ne sont accessibles que moyennant l'autorisation du producteur d'archives ou de son successeur en droit.

Conditions de reproduction

La reproduction des documents s'opère selon les règlements et tarifs en vigueur aux Archives de l'État.

Documents apparentés

Pour compléter l'information contenue dans le présent inventaire, le chercheur pourra consulter les archives du Ministère de la Justice dans sa compétence relative aux cultes reconnus. Les fonds concernés sont conservés aux Archives générales du Royaume à Bruxelles.
Le chercheur pourra également recourir aux archives des autorités provinciales exerçant la tutelle sur les fabriques d'église. Malheureusement, les archives provinciales hainuyères postérieures à 1830 ont été détruites en 1940. Les archives subsistantes et les documents produits au niveau provincial depuis 1940 ont disparu en 1990 dans l'incendie du bâtiment qui les conservait à Mons (le Delta-Hainaut). Seules les archives des périodes française et hollandaise (Administration centrale et Préfecture du département de Jemappes de 1795 à 1814, Gouvernement provincial du Hainaut de 1814 à 1830) sont toujours conservées aux Archives de l'État à Mons. Le n° 1598 du fonds de la Préfecture du département de Jemappes concerne des travaux de réparation effectués dans l'église en 1809 et la récupération au profit de la fabrique de biens appartenant à la paroisse supprimée du Béguinage.
Les archives de l'évêché de Tournai ont été complètement perdues lors des bombardements de la ville en 1940. Les archives postérieures à cette date sont accessibles (HONNORÉ (L.), Inventaire des archives de l'évêché de Tournai (1940-1989), Tournai, 2004 (Tournai - Art et Histoire. Instruments de travail, 2).
Les archives de la Ville de Mons sont conservées aux Archives de l'État à Mons.

Bibliographie

AVAERT L., Notre-Dame de Messines vénérée à Mons, Mons, Leborgne, 1930.
DE KEYZER W., MINKE A., VAN DER EYCKEN M. et VAN LAERE R., Directives et recommandations pour la gestion des archives de la fabrique d'église et des autres institutions paroissiales, Bruxelles, 1997 (Archives générales du Royaume et Archives de l'État dans les provinces. Miscellanea archivistica. Studia, 97).
DEVILLERS L., Mémoire sur la paroisse de Saint-Nicolas-en-Bertaimont dite de Notre-Dame de Messine, à Mons, Mons, 1861.
HUVELLE J., La paroisse et l'église de Saint-Nicolas-en-Bertaimont dite Notre-Dame de Messines à Mons (1227-1977), Mons 1977.
La paroisse en questions. Actes du colloque de Saint-Ghislain, 25 novembre 1995, coord. par COUTIEZ (Y.) et VAN OVERSTRAETEN (D.), Ath, Mons, Saint-Ghislain, 1997.

Contrôle de la description

L'inventaire a été réalisé par Pierre-Jean Niebes, chef de travaux aux Archives de l'État à Mons, avec la collaboration de Laurent Mothy, assistant administratif. Il a été terminé en septembre 2024.
L'inventaire est conforme à la norme ISAD(G) et aux Directives relatives au contenu et à la forme d'un inventaire d'archives des Archives de l'État (version d'août 2014).

Liste des curés de la paroisse

Charles CUVELIER, 1803-1804
Thomas GILQUIN, 1804-1808
Jean-Baptiste EMPAIN, 1808-1812
Maximilien FIEVET, 1812-1853
Isidore PIRET, 1853-1864
Jean DESENFANS 1864-1872
Jules VIENNE 1872-1875
Pierre GOFFIN 1876-1879
Jules LECHIEN 1879-1880
Néri LECLERCQ 1880-1905
Léon DENAMUR 1905-1926
Fernand COLBRANT 1926-1933
Fernand MANGON 1933-1946
Robert VINCART 1946-1951
Léon GUILMOT 1951-1962
Oscar LECLERCQ 1962-1967
Léon ROMAIN 1967-1968
André HERIONT 1968-1970
Paul LEBAILLY 1970-

1Pièces relatives aux tarifs des enterrements et funérailles faits à l'état bourgeois à l'église. 1753-1795.1 chemise