Inventaire des cartes et plans manuscrits. Série I.

Fonds d'archives

Nom : Collection des Cartes et Plans manuscrits. Série I \ Verzameling Kaarten en plattegronden in handschrift. Reeks I

Période : 15de - 20ste eeuw

Ampleur : 75 mètres linéaires

Dépôt d'archives : Archives générales du Royaume

Rubrique : Collections cartographiques

Inventaire

Auteurs : L.P. Gachard

Année de publication : 1848

Code de l'inventaire : I 003

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Contenu

Le volume que nous publions contient deux Inventaires : celui des cartes et plans manuscrits, et celui des cartes et plans gravés, que possèdent les Archives du Royaume. Le premier se compose de 2.185 articles ; le second en comprend 499.

Parmi les 2.185 cartes et plans dont se compose la Collection manuscrite, il en est sans doute dont la valeur est médiocre ; mais on en compte aussi, et en grand nombre, qui ont une importance réelle, soit au point de vue de l'administration, soit sous le rapport de l'histoire, de la géographie, ou de l'art.

Nous citerons, par exemple :

La carte des limites de la Flandre vers les Provinces-Unies, dressée, en 1671, par Jean Stappart, en exécution de la convention de 1664 (n° 17) ;

La carte des mêmes limites, dressée par le capitaine Suly, en 1716, et mentionnée en l'article 1 de la convention de La Haye, du 2 décembre 1718 (n° 9, 18 et 21) ;

La carte des limites des Pays-Bas autrichiens et des Provinces-Unies dans le duché de Brabant, dressée en exécution du traité de Fontainebleau, du 8 novembre 1785 (n° 27) ;

Les cartes des limites du Hainaut, du Luxembourg et du Tournaisis vers la France, dressées en exécution du traité du 16 mai 1769 (n° 12, 14, 1151, 1154, 1155) ;

Les cartes des limites des duchés de Limbourg et de Gueldre vers le pays de Juliers (n° 30, 1158, 1159) ;

Les cartes des enclaves respectives des Pays-Bas autrichiens, des Provinces-Unies, de la France et des principautés de Liège et de Stavelot (n° 1 3, 4, 5 6, 7, 8 10).

Toutes ces cartes ont certes un grand intérêt pour le Gouvernement et pour le pays.

Nous mentionnerons encore, comme des monuments remarquables de géographie et de topographie :

La carte du cours de l'Escaut, depuis Rupelmonde jusqu'au Zwin et à l'île de Walcheren, dressée au commencement du XVIe siècle, carte qui est sans contredit l'un des documents les plus précieux que l'on possède sur la géographie des Pays Bas au moyen-âge (n° 351) ;

Le plan du cours du Gange, avec la désignation des loges ou factoreries impériale, anglaise, française et hollandaise, existantes, en 1733, sur les bords de ce fleuve (n° 1144) ;

La carte de la forêt de Soigne, commencée, en 1634 et terminée, en 1638, par le géomètre Lambert Lauryn (n° 715) ;

La carte beaucoup plus complète et beaucoup plus détaillée de la même forêt, dressée, en 1768, par les soins du corps d'artillerie (n° 716) ;

La grande carte de Bruxelles et de sa banlieue, dressée vers 1773 (n° 33) ;

Le plan détaillé de la même ville, fait, en 1775, par Desaubleaux (n° 54) ; etc., etc.

Enfin, nous signalerons à ceux qu'intéresse l'histoire de l'architecture :

Les plans du château César, à Louvain, faits en 1756 (n°5 530, 531, 532) ;
Le plan du château de la ville de Limbourg, fait en 1519 (n° 1641) ;
Les plans de la chapelle du palais de la Cour, faits en 1550 (nos 1727, 1728, 1729) ;
Le plan fait, en 1564, pour la reconstruction de la fontaine adossée jadis au perron de la Maison du Roi, sur la Grand'Place de Bruxelles (n° 499) ;
Le plan de la Place Royale à Bruxelles, d'après le projet primitif de l'architecte Gueymard (n° 518) ;
Le plan des halles de l'Université de Louvain, fait en 1760 (n° 537) ;
Les plans de l'église de Saint-Jacques-sur-Caudenberg à Bruxelles, faits par l'architecte Gueymard, et approuvés par l'architecte Louis Montoyer, en 1773 et 1780 (n° 614);
Les plans de la nouvelle tour à construire sur l'hôtel de ville d'Ostende, faits par l'architecte Deviez, en 1772 (n° 1830) ; etc., etc.

Il nous serait aisé d'augmenter de beaucoup cette nomenclature; mais tel n'est pas notre dessein. Nous avons voulu seulement faire voir, par quelques exemples, l'importance de notre Collection topographique manuscrite.

Quant à notre Collection gravée, quoiqu'elle renferme plusieurs cartes rares et précieuses, nous n'en donnerons pas l'énumération, parce qu'elles peuvent être connues déjà des amateurs.

Mode de classement

Nos publications précédentes (1)
s'adressaient plus particulièrement aux érudits, à ceux qui se livrent à des recherches sur l'histoire nationale. Nous avons pensé qu'il fallait s'occuper aussi de la partie des Archives qui peut être utile à l'administration, ou servir aux intérêts des familles. C'est dans cette vue que nous avons entrepris le travail dont le résultat vient d'être livré à l'impression. Aujourd'hui qu'il est achevé, nous allons reprendre notre inventaire des titres des Chambres des Comptes, collection dont la richesse est telle, qu'elle constituerait à elle seule un dépôt de la plus haute importance.

On ignore généralement que les Archives du royaume renferment une collection topographique digne d'être citée entre les collections du même genre. Cela n'a rien qui doive surprendre : nous l'ignorions nous-mêmes, il y a peu d'années encore. Quelques centaines de cartes existaient, dispersées dans les différentes salles du dépôt, faute d'un emplacement convenable pour les réunir : une partie seulement en était inventoriée, et encore l'était-elle d'une manière provisoire et imparfaite. Aussi, lorsqu'on avait besoin de quelque carte ou de quelque plan, n'était-ce pas sans peine qu'on parvenait à mettre la main dessus.

Je résolus, en 1845, d'établir de l'ordre dans cette section du vaste dépôt qui est confié à mes soins.

Je fis rechercher et rassembler toutes les cartes, tous les plans, qui se trouvaient çà et là dans les Archives, et j'en composai une première série, qui s'éleva au chiffre de 1.149 articles.

Plus tard, je fis fouiller les cartons et les liasses où il y avait lieu de supposer que des Cartes ou des Plans étaient contenus. Ceux que l'on recueillit ainsi, et qui purent être extraits sans inconvénient, furent distribués en une deuxième série, qui comprit encore au-delà de 1.000 articles.

Tels sont les éléments dont a été formée notre Collection topographique manuscrite. On pourrait presque dire que c'est une création nouvelle, et j'ose me flatter qu'on m'en saura quelque gré.

La Collection des cartes et plans gravés doit, pour la plus grande partie, son origine à une acquisition que les Archives du Royaume firent, en 1859, à la vente d'un amateur.

C'était quelque chose, que d'avoir réuni les cartes et les plans qui étaient épars dans les Archives ; mais ce n'était pas tout : il fallait les inventorier et les classer ; il fallait aussi leur assigner un emplacement convenable, chose peu facile, vu l'insuffisance et la mauvaise distribution des locaux où nos Archives nationales sont établies.

L'inventaire a été un ouvrage long et laborieux pour la Collection manuscrite, un grand nombre des cartes dont elle se compose manquant des indications nécessaires pour en faire reconnaître le sujet, l'auteur et la date.

Quant à l'arrangement des deux Collections, je suis parvenu à y pourvoir d'une manière satisfaisante, et telle qu'on peut recourir, avec la plus grande facilité, à chacun des articles dont elles se composent. Tous sont placés, dans l'ordre fixé par l'Inventaire, entre des barres de bois qui leur servent d'appui, au-dessous des croisées d'une des galeries où se conservent les archives des Chambres des Comptes.

L'importance d'une collection de la nature de celles qui sont décrites dans le présent Inventaire, peut être envisagée sous des aspects différents, selon les travaux, les études, les affaires dont on est occupé. Nous nous étendrons donc fort peu à cet égard.

Nous expliquerons, en peu de mots, le plan que nous avons adopté pour le classement et l'inventaire de la Collection manuscrite, n'ayant fait, en ce qui concerne les cartes et les plans gravés, que nous conformer à l'usage le plus généralement suivi.

La division que nous avons établie d'abord, pour distribuer, sous un certain nombre de titres et de chapitres, tous les articles de l'Inventaire, n'a pas besoin, semble-t-il, d'être justifiée : elle résultait nécessairement de la nature des choses.

Mais, cette première classification faite, il y avait à déterminer comment seraient rangés, dans chaque chapitre, les articles qui devaient en faire partie.

Ici nous n'avons pu admettre un mode uniforme pour tous les chapitres : il a fallu tenir compte et du nombre des cartes, et de leur sujet. Nous avons donc rangé par provinces :

Les cartes et plans des districts, villes et communes (pp. 7, 150, 293) ;
Ceux des chaussées et des chemins (pp. 19, 166, 294) ;
Ceux des édifices et bâtiments civils, publics et privés (pp. 61, 231, 295) ;
Ceux des édifices religieux (pp. 77, 250, 297) ;
Ceux des biens ruraux appartenants au domaine (pp. 89, 258, 298) ;
Ceux des biens ruraux appartenants à des établissements religieux (pp. 106, 270, 299) ;
Ceux des biens ruraux dont les propriétaires étaient incertains (pp. 137) ;
Ceux des cimetières (pp. 139) ;
Ceux des bâtiments militaires (pp. 226).

Ces cartes et ces plans étant tous, sauf trois ou quatre exceptions, d'une date antérieure à 1794, nous nous sommes conformé à la circonscription ancienne des provinces, ainsi qu'à leur dénomination, et, comme dans l'Inventaire de la Chambre des Comptes, nous avons suivi l'ordre hiérarchique qui était observé entre elles.

Pour le classement des cartes appartenantes à la même province, nous avons suivi l'ordre alphabétique des lieux qu'elles concernaient.

Les cartes des limites et des enclaves (pp. 1, 147, 292, 293) ont été rangées selon l'ordre alphabétique des pays auxquels confine la Belgique.

Celles des ports, des canaux, des rivières (pp. 38 et 186), que nous avions cru devoir réunir sous le même titre, formaient naturellement trois sections distinctes, dans chacune desquelles l'ordre alphabétique a été la règle du classement.

Il en a été de même des cartes des mines, des usines et des établissements industriels (pp. 140 et 289).

L'ordre alphabétique a déterminé aussi le classement des cartes des poldres et schores (pp. 53 et 209), des fortifications (pp. 56 et 213), des biens ruraux appartenants à des administrations communales (pp. 133, 282, 299), des biens ruraux appartenants à des particuliers (pp. 155 et 285), des circonscriptions ecclésiastiques (pp. 142 et 500), des circonscriptions de bureaux de droits d'entrée et de sortie (pp. 11), et enfin des cartes et plans divers (pp. 144 et 291). Les cartes que comprennent ces catégories n'étaient pas assez nombreuses, pour être réparties par provinces.

Sur la rédaction même de l'inventaire, nous avons peu de chose à dire.

Nous avons indiqué, toutes les fois que cela nous a été possible, les noms des auteurs des cartes, les époques où elles furent dressées, les circonstances qui y donnèrent occasion.

On remarquera que, sous ce rapport, l'inventaire de la deuxième série est plus précis, plus détaillé, que celui de la première. Ce que nous avons dit, en faisant connaître les éléments qui ont servi à composer notre Collection manuscrite, explique comment il en est ainsi : les cartes et les plans de la deuxième série ayant été extraits, pour la plupart, de dossiers auxquels ils étaient joints, on a trouvé, dans ceux-ci, des lumières qui avaient manqué pour les cartes et les plans de la première série.

Un dernier mot. Nous croyons que l'Inventaire que nous offrons aujourd'hui au public est le premier qui ait été imprimé en ce genre, au moins sur le continent. Nous espérons donc qu'on aura de l'indulgence pour les imperfections qu'il pourrait présenter.

Contrôle de la description

Novembre 1848,
GACHARD.

1Carte, collée sur toile, intitulée: Carte d'une partie des duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, du comté de Namur, des principautés de Liège et de Stavelot et du duché de Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces différentes provinces et dominations.
2Carte, collée sur toile, intitulée: Carte d'une partie des duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, du comté de Namur, des principautés de Liège et de Stavelot et du duché de Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces différentes provinces et dominations.
3Carte, collée sur toile, intitulée: Carte d'une partie des duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, du comté de Namur, des principautés de Liège et de Stavelot et du duché de Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces différentes provinces et dominations.
4Carte, collée sur toile, des limites et enclaves du Luxembourg, du Limbourg et du pays de Liège. - Sans date (seconde moitié du XVIIIe siècle).
5Carte, collée sur toile, d'une partie de la principauté de Liège, des comtés de Namur et de Hainaut dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, et d'une partie du duché de Brabant, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces quatre provinces et de la France. - Elle est de la même époque que la précédente.
6Carte, collée sur toile, d'une partie de la principauté de Liège, des comtés de Namur et de Hainaut dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, et d'une partie du duché de Brabant, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces quatre provinces et de la France. - Elle est de la même époque que la précédente.
7Carte, collée sur toile, d'une partie des duchés de Limbourg et de Luxembourg (contenant la cour de Bronsfeld, une partie du comté de Schleyden et de la seigneurie de Cronenbourg), et d'une partie des principautés de Liège et de Stavelot, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces différents pays et des Provinces-Unies; exécutée au XVIIIe siècle.
8Carte, intitulée : Carte d'une partie des duchés de Luxembourg et Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces dominations, ainsi que celles de France; exécutée au XVIII° siècle. - Les deux premiers exemplaires sont collés sur toile.
9Carte, intitulée : Carte d'une partie des duchés de Luxembourg et Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces dominations, ainsi que celles de France; exécutée au XVIII° siècle. - Les deux premiers exemplaires sont collés sur toile.
10Carte, intitulée : Carte d'une partie des duchés de Luxembourg et Bouillon, servant à faire connaître les enclaves respectives de ces dominations, ainsi que celles de France; exécutée au XVIII° siècle. - Les deux premiers exemplaires sont collés sur toile.
11Carte de la partie allemande du Luxembourg et de ses enclaves, en deux feuilles; dressée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.