Inventaire des archives des sociétés Banque du Congo Belge puis Banque du Congo puis Banque Commerciale Zaïroise, Banque Commerciale du Congo, Belgolaise et apparentées (1909-2006)

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Name: Banque du Congo Belge puis Banque du Congo puis Banque Commerciale Zaïroise ; Banque Commerciale du Congo ; Belgolaise et apparentées \ Bank van Belgisch Congo, dan Bank van Congo, dan Banque Commerciale Zaïroise; Handelsbank van Congo; Belgolaise en gelieerde bedrijven

Period: 1909-2006

Inventoried scope: 70 linear meters

Archive repository: National Archives 2 - Joseph Cuvelier repository

Heading : Businesses

Inventory

Authors: Brion René — Moreau Jean-Louis

Year of publication: 2023

Code of the inventory: I50

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Producteur d'archives

Nom

Banque du Congo Belge
Banque du Congo
Banque Commerciale Zaïroise
Banque Belgo-Congolaise
Banque Belgo-Zaïroise
Banque Commerciale du Congo
Banque de Crédit de Bujumbura
Banque de Kigali
Société Mobilière et Immobilière Congolaise
Société Mobilière et Immobilière Zaïroise
Abréviations
B.C.B.
B.C.C.
Belgolaise
Mobico
Mobimo

Historique

Banque du Congo Belge (B.C.B.)

C'est au début de 1909 que la Banque du Congo Belge (B.C.B.) fut créée, à l'initiative essentiellement de la Banque d'Outremer que dirigeait le Général Albert Thys. La Belgique venait de reprendre le Congo, dont l'économie était encore peu développée. Ni le cuivre, ni l'étain n'étaient encore produits industriellement. Les gisements de diamant n'étaient pas découverts. Et pour ce qui regarde le commerce de détail, la plupart des entreprises et l'administration ravitaillaient elles-mêmes leur personnel. De ce fait, nombre d'observateurs doutaient de la possibilité d'alimenter l'activité d'une banque coloniale. Thys put néanmoins trouver des appuis auprès de quelques institutions amies : des banques privées (les maisons Allard, Cassel, Philippson, Lambert, Mathieu), la Banque de Bruxelles, le groupe Bunge, la Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie...
Omer Lepreux, directeur de la Banque Nationale de Belgique, fut choisi comme premier président de la nouvelle société : on espérait en effet que la B.C.B. deviendrait l'institut d'émission de la Colonie. Le ministre des Colonies Renkin appuya le projet. Il y mit toutefois comme condition que le capital de la B.C.B. soit ouvert au préalable à un maximum de banques belges. Quelques semaines après la fondation de la B.C.B., son capital fut de fait porté de deux à trois millions et de nouveaux instituts de crédit purent prendre une part dans le capital de l'entreprise : la Société Générale de Belgique, le Crédit Général Liégeois, le Crédit Général de Belgique, la Banque Internationale de Bruxelles, la maison Balser et la Société Commerciale et Financière Africaine furent du nombre.
Les débuts de la B.C.B. furent des plus modestes. Le personnel ne se composait au départ que de trois agents, dont l'administrateur délégué, René Guillaume. En juin 1909, une première agence locale fut ouverte à Matadi. Quatre mois plus tard, une deuxième succursale était opérationnelle à Élisabethville (Lubumbashi). Et l'agence de Kinshasa fut créée dans le courant de l'année 1910. Le mouvement des affaires (paiements pour compte de tiers, ventes de chèques sur la Belgique ou sur l'étranger, avances sur consignation de matières premières...) ne se développa que lentement. Au cours de sa première année d'existence, l'agence de Matadi ne reçut qu'une seule demande de crédit, portant sur une somme de 40.000 francs. Par contre, plusieurs compagnies confièrent leur service financier à la B.C.B.
Le 7 juillet 1911, la B.C.B. obtint sa charte d'émission : elle se voyait confier le privilège exclusif d'émission de billets au porteur au Congo et était chargée simultanément de la fonction de caissier de la Colonie. Elle prenait de son côté un certain nombre d'engagements, dont celui de porter son capital à cinq millions, de limiter strictement ses activités à celles qui lui étaient spécifiquement autorisées, de partager ses bénéfices avec la Colonie et de créer des agences à travers tout le pays. Ces décisions furent mises en œuvre dans les mois qui suivirent.
Le jour même où la B.C.B. adoptait de nouveaux statuts conformes à ses engagements, une autre banque se créait à son initiative, la Banque Commerciale du Congo (B.C.C.), dont l'objet était de reprendre les opérations commerciales auxquelles la B.C.B. devait elle-même renoncer.
La B.C.B. ouvrit des agences à Boma et Stanleyville (Kisangani) en 1911. Son personnel passa à 25 agents dans le courant de l'année. En juin 1912, le nombre de comptes atteignait 1800. En octobre, l'émission de billets commença et au bout d'un an, il y en avait pour quelques millions de francs en circulation.
Les bénéfices de la B.C.B. restèrent des plus limités durant ses premières années d'activité : 117 francs en 1909-1910, 21.295 francs en 1910-1911... À cela s'ajoutait un risque de concurrence : en 1914, la Deutsche Bank annonça son intention de fonder une succursale à Élisabethville (Lubumbashi).
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, la B.C.B. se trouva aux prises avec de graves difficultés : une panique financière secouait l'Europe. Le réescompte massif d'effets gonfla son portefeuille, qui passa en quelques jours de 425 à 818 millions de francs. Les agences du Congo furent brusquement privées des ressources financières et des directives du siège bruxellois. Une succursale temporaire fut mise sur pied à Londres. Le mouvement d'exportation du Congo se développa formidablement dans le cadre de l'effort de guerre. Toutes les industries de la Colonie fonctionnaient à plein régime. La B.C.B. profita de cet essor : le nombre de billets en circulation doubla entre 1914 et 1918, le montant des avances au commerce décupla sur le même laps de temps.
En 1917, le gouvernement de la Colonie demanda à la B.C.B. d'assurer sur tout le territoire congolais la comptabilité des services de l'administration. Pour répondre à cette nouvelle mission, le nombre de succursales fut porté de 5 à 23, une dans chaque chef-lieu de district. Dans la région de l'Équateur, on trouvait des agences à Coquilhatville (Mbandaka), Lisala, Basankusu et Libenge. Dans le Kasaï, la B.C.B. en ouvrit à Lusamba, Luebo et Bandundu. Au Katanga, on en trouvait à Élisabethville (Lubumbashi) mais aussi à Sandoa, Kabindu et Kongolo. Dans le Nord-Est, on trouvait les succursales de Kilo-Moto, Niangara et de Buta. Dans l'ancienne " zone arabe ", la banque en ouvrit à Basoko, Ponthierville (Ubundu) et à Kasongo. Dans la cuvette centrale, il y avait Inongo. Et dans le Kivu-Ituri, Rutshuru.
Dans le sillage des armées congolaises qui occupaient l'Est africain, la banque ouvrit même des sièges à Kigoma et à Dar es Salam : portes ouvertes sur l'océan Indien.
Dans les années qui suivirent l'Armistice, l'économie congolaise souffrit du passage d'une économie de guerre, gourmande en matières premières, à une économie de paix. Cette récession dura jusqu'en 1922 et fut suivie d'une période de forte croissance, qui dura jusqu'en 1928.
Le capital de la Banque fut porté de 5 à 12 millions de francs en 1919 puis à 20 millions en 1924. De nouvelles agences furent ouvertes : Jadotville (Likasi) en 1919, Usumbura (Bujumbura), Kindu, Albertville (Kalemie), Boende, Bukama, Aketi, Port Francqui (Ilebo), Bumba, Thysville (Ngungu) et Uvira en 1922. Par ailleurs, les agences de Rutshuru et de Kilo furent déplacées à Costermansville (Bukavu) et Irumu, respectivement. Le siège provisoire de Londres prit un caractère permanent. Un bureau de la B.C.B. fut ouvert à Anvers en 1919 pour faciliter et développer les opérations documentaires relatives aux produits africains.
La B.C.C. (Banque Commerciale du Congo) se développait parallèlement à la B.C.B. Son capital fut porté successivement de 1 à 5 millions en 1922, à 8 millions en 1925 et à 25 millions en 1928.
La crise qui frappa de plein fouet l'économie mondiale dans les années 1930 n'épargna pas le Congo. Mais la politique prudente de la B.C.B. porta ses fruits : ses mauvaises créances ne dépassèrent pas 3% du montant total de ses avances. Et en 1934, célébrant le 25e anniversaire de la fondation de la banque, sa direction mesurait non sans fierté le chemin parcouru : en un quart de siècle d'existence, la Banque avait notamment versé au Trésor colonial une somme de 65 millions à titre de participation à ses bénéfices. Elle continuait aussi à assurer à titre gracieux les fonctions de caissier colonial.
À partir de 1935, l'activité de la Colonie se redressa. Durant quatre ans, l'économie se développa de façon constante. Mais un autre cataclysme se préparait : la Seconde Guerre mondiale, qui coupa une nouvelle fois le Congo de la métropole. Des décisions urgentes et capitales durent être prises en juin 1940 par la B.C.B. Des accords furent passés entre sa direction générale d'Afrique, le ministre des Colonies résidant à Londres, les autorités britanniques et la Banque d'Angleterre. Celle-ci s'engagea à procurer à la B.C.B. les devises nécessaires aux importations de première nécessité. Un autre accord fut conclu en janvier 1941 : le franc congolais fut incorporé à la zone sterling sur la base de 176,625 francs pour une livre. Le Congo belge s'engagea à céder à la Banque d'Angleterre l'excédent de sa production d'or, après que les besoins de la Colonie et du gouvernement belge eurent été satisfaits. La Grande-Bretagne s'engagea à acquérir la totalité de l'huile de palme congolaise et certains tonnages de métaux stratégiques comme le cuivre.
En 1941 encore, deux ordonnances instituèrent un contrôle des changes sous l'égide de la B.C.B. Celle-ci participa activement à la conclusion des accords financiers internationaux et à toute la politique des changes. Elle assura la gérance de l'" office des devises " de la Colonie. Elle fit aussi tout ce qui était en son pouvoir pour faciliter les efforts des producteurs. Comme le fret maritime manquait, la Banque prit en 1941 l'initiative, assez particulière pour une banque, d'affréter plusieurs bateaux pour le voyage États-Unis - Congo. La B.C.B. joua aussi un rôle important dans la commercialisation outre-Atlantique du café, du copal et des huiles essentielles du Congo belge. Appréciant le travail accompli par la B.C.B. durant la guerre, la direction de la Banque Nationale de Belgique devait écrire, quelques années plus tard : " La B.C.B. exerça une action déterminante dans l'exécution des conventions financières internationales, dans la conduite de la politique des changes, dans l'exécution de la politique financière du gouvernement. Plus qu'en 1914-1918, elle joua le rôle dévolu à une véritable banque centrale en temps de guerre, non seulement en aidant directement par ses avances le gouvernement exilé, privé de ses ressources courantes à un moment où ses besoins étaient considérables, mais encore en soutenant une économie en expansion rapide, placée constamment devant des problèmes nouveaux qui ont sollicité sans arrêt son esprit d'initiative ".
Les relations maritimes entre Matadi et Anvers ne furent rétablies qu'en mars 1945. Au cours des six mois suivants, les exportations du Congo vers la Belgique furent particulièrement importantes. La relève des hommes put s'effectuer en grande partie dans le courant de l'année 1946. L'encaisse-or de la banque et ses avoirs en devises étrangères passèrent de 2.479 millions de francs en juin 1945 à 4.485 millions en 1952. L'expansion économique de la Colonie, qui avait été très rapide pendant la guerre, se poursuivit dans le cadre de l'effort de reconstruction. De nombreuses sociétés commerciales et industrielles se lancèrent dans d'importants programmes d'expansion et la B.C.B. leur prêta son appui. De nouvelles usines ou sociétés étaient créées dans les secteurs du tissage de fibres, de la fabrication de couleurs et de vernis, de la préparation d'huile de ricin, de la production de zinc... Un plan décennal d'expansion économique fut mis sur pied en 1949 par le ministère des Colonies, dont l'objectif était d'améliorer le niveau de vie de la population dans son ensemble en développant les infrastructures, l'agriculture et l'industrie.
L'activité économique ne s'est pas ralentie dans les années 1950, sous l'impulsion notamment du climat créé par la guerre froide entre bloc occidental et pays d'obédience communiste. Des capitaux abondants ont été investis au Congo, attirés par sa prospérité et sa sécurité.
Le privilège d'émission de la banque, lui conféré en 1911, avait été prorogé ensuite jusqu'au 30 juin 1952. À l'approche de cette date, des pourparlers entre banque et autorités aboutirent à la conclusion qu'en raison du développement pris par l'économie coloniale, les fonctions de banque centrale ne pouvaient plus être confiées à un établissement bancaire de caractère privé. Il fallait une réforme institutionnelle. Le 30 juillet 1951, une association congolaise de droit public était créée par décret : la Banque Centrale du Congo Belge et du Ruanda-Urundi (B.C.C.R.U.). Le 30 juin 1952, la B.C.B. redevint un établissement de crédit privé - ce qu'elle était au début de son existence. Elle était désormais autorisée à accomplir toutes les opérations de banque que sa charte d'émission lui interdisait depuis plus de 40 ans. Une assemblée générale extraordinaire tenue le 16 septembre 1952 décida la transformation de la banque de droit belge en société congolaise par actions et à responsabilité limitée. Par ailleurs, l'existence de la B.C.C. (Banque Commerciale du Congo) ne se justifiait plus. Le 19 novembre 1952, deux assemblées générales extraordinaires tenues par les deux sociétés décidèrent leur fusion. À cette occasion, le capital de la B.C.B. fut porté de 20 à 300 millions, par prélèvement sur les réserves, puis à 400 millions, par création de 100.000 actions remises aux actionnaires de la B.C.C.
La prospérité de la banque alla ensuite croissant, ses bénéfices passant de 66,3 millions pour l'exercice 1952 à 136,5 millions pour l'exercice 1958 (année de récession économique). Ces résultats reflétaient d'ailleurs l'importante élévation du niveau de vie des Congolais durant cette période.
En 1959, le cinquantième anniversaire de la création de la B.C.B. fut brillamment commémoré au cours de cérémonies qui se déroulèrent au siège social de Léopoldville et aux sièges de direction d'Élisabethville (Lubumbashi), de Stanleyville (Kisangani) et d'Usumbura (Bujumbura), puis dans chacune des succursales africaines. Un livre fut édité (dont un exemplaire est conservé dans ce fonds, numéro 9) pour retracer l'histoire de la B.C.B. depuis sa création. Une médaille du statuaire De Greef fut frappée pour commémorer l'anniversaire.
Le capital social de la B.C.B. fut porté, le 20 mai 1959, à 500 millions de francs congolais par incorporation de 100 millions prélevés sur les réserves. Cette augmentation donna lieu à la création de 100.000 actions nouvelles qui furent distribuées aux actionnaires à raison d'une action nouvelle pour six actions anciennes.
À l'approche de l'indépendance, l'africanisation des cadres de la banque devint une préoccupation urgente de la direction de la B.C.B. En novembre 1958, le conseil d'administration décida de promouvoir l'ascension professionnelle des employés congolais qui se signalaient par leurs qualités professionnelles et, le 1er janvier 1959, sept d'entre eux furent nommés au grade de chef de bureau.
Le 13 janvier 1959, un message royal et une déclaration gouvernementale rendirent publique la promesse de l'État belge d'accorder l'indépendance au Congo. La naissance prochaine du nouvel État plaça les dirigeants de la B.C.B. devant un problème délicat. Jusque-là, et bien que le Congo belge ait joui d'une personnalité juridique distincte de celle de la Belgique, il s'était agi d'un ensemble étroitement intégré sur le plan des dispositions légales. La situation allait se présenter tout différemment à partir du moment où la Banque se trouverait soumise à la législation de l'État congolais souverain, sur le territoire duquel elle se proposait de fixer son principal établissement administratif. Il paraissait logique, dès lors, de laisser sous l'empire de la législation belge les établissements situés hors du Congo et de constituer à cet effet une société distincte de droit belge.
Le 14 avril 1960, la B.C.B. présida à la constitution de la Banque Belgo-Congolaise ou Belgolaise, société anonyme de droit belge au capital de 300 millions de francs, ayant pour objet la reprise et la poursuite des opérations de ses sièges de Bruxelles et de Londres et de sa succursale d'Anvers. À la suite de la création de la Belgolaise, une assemblée générale extraordinaire des actionnaires de la B.C.B. décida, le 25 mai 1960, de réduire le capital social de 500 à 200 millions de francs congolais par voie de répartition des 175.000 actions de la Belgolaise entre les actionnaires de la B.C.B. et de porter à nouveau ledit capital social à 500 millions de francs congolais par incorporation de 300 millions de francs congolais à prélever sur la réserve disponible, et ce sans création de titres nouveaux.
Le 27 juin 1960, le conseil d'administration de la B.C.B., faisant application des dispositions de la loi du 17 juin 1960, prit la résolution de transférer le siège de son principal établissement administratif au lieu de son siège social à Léopoldville, la société étant, par conséquent, réputée société congolaise et soumise uniquement au droit congolais. En corrélation avec l'option exercée, des mesures furent arrêtées pour transférer au Congo les services de l'administration centrale de la B.C.B., un secrétariat général à effectif très réduit devant seul subsister encore à Bruxelles. D'autre part, des dispositions furent prises pour assurer de manière permanente la représentation du conseil d'administration en Afrique.
Une nouvelle assemblée générale extraordinaire fut ensuite convoquée pour le 24 août 1960. Elle modifia la dénomination sociale en " Banque du Congo " et adapta les statuts à la situation résultant, d'une part, de la création de la République du Congo et, d'autre part, de la fixation à Léopoldville du siège administratif de la société.
À cette date, la situation politique du Congo s'était déjà fortement détériorée. Le climat général d'insécurité provoqua un exode massif des Européens. L'existence même de la République du Congo se trouva compromise par la sécession du Katanga et du Sud-Kasaï et par la constitution du gouvernement de Stanleyville (Kisangani), qui se présenta comme étant le seul légal. Dans ce contexte, la position de la Banque du Congo était des plus délicates, en raison de son installation dans toutes les régions du Congo ainsi qu'au Rwanda et au Burundi, d'autant plus que les autorités katangaises avaient créé la Banque Nationale du Katanga en lui conférant le privilège d'émission et que la Banque d'Émission du Rwanda et du Burundi, constituée pour poursuivre les activités de la Banque Centrale du Congo Belge et du Ruanda-Urundi dans ces territoires, avait émis ses propres billets dès la fin de septembre 1960.
En présence des difficultés résultant de l'exercice de ses activités dans toutes les parties du Congo ainsi que des exigences des autorités respectives, la Banque du Congo mit tout en œuvre pour éviter une scission territoriale de ses activités qui aurait entraîné immanquablement une baisse de son prestige international. Bien que les troubles de juillet 1960 aient nécessité la fermeture temporaire de ses établissements à Boma, Matadi, Luluabourg et Kikwit, la Banque du Congo parvint à maintenir en activité l'ensemble de son réseau de sièges et de succursales. Le mérite en revint pour une grande part au personnel dont la plupart des membres demeurèrent courageusement sur place ou reprirent leurs fonctions dès que les circonstances le permirent.
La Banque eut malheureusement à déplorer le décès d'un de ses agents européens qui perdit la vie au cours des troubles à Élisabethville (Lubumbashi). Elle compta aussi plusieurs blessés parmi les membres de son personnel. Bon nombre d'épouses et d'enfants d'agents furent amenés à demeurer en Belgique en raison des circonstances. Ils y bénéficièrent de toute l'assistance de la Banque, tandis qu'un système de congés de détente était organisé pour permettre aux membres du personnel d'effectuer des séjours auprès de leur famille.
L'évolution de la conjoncture au Congo et dans le territoire du Rwanda contraignit la Banque à fermer ses succursales de Bumba, d'Astrida et de Kisenyi au début de 1961. La situation de ses établissements demeura ensuite fort variable suivant les régions et il fallut faire appel au volontariat et procéder à des remplacements fréquents pour certaines zones troublées. Des agents du secrétariat général (bruxellois) furent à certains moments envoyés en renfort à l'administration centrale. D'autre part, la Belgolaise prêta, de son côté, une assistance en personnel à la Banque du Congo en Afrique.
Malgré les problèmes ardus qui se posaient, la Banque du Congo continua sa politique d'africanisation des cadres. Des agents congolais furent envoyés en stage en Belgique et des gérants congolais furent placés à la tête d'un certain nombre de succursales, qui ne comptèrent plus, dès lors, que du personnel congolais. D'autre part, la Banque mit sur pied, à Léopoldville - à la fin de 1963 - un centre de perfectionnement comportant des cours destinés à compléter tant la formation générale que la connaissance de la pratique bancaire. L'organisation de ces cours donna rapidement des résultats très encourageants. Alors que quelque 10 % des postes de cadre étaient assurés par des Africains au 1er janvier 1960, cette proportion était déjà passée à 30 % un an plus tard et atteignait plus de 40 % à la fin de 1963.
En rouvrant sa succursale de Bumba en janvier 1964, la Banque du Congo avait rétabli intégralement au Congo le réseau existant en 1960, alors que d'autres banques avaient abandonné depuis l'exploitation de certaines de leurs succursales. Suite aux déficiences de fonctionnement du système de chèques postaux, elle était demeurée la seule organisation qui avait assuré la régularité des paiements à l'intérieur. L'inauguration d'une nouvelle succursale à Mbujimayi, chef-lieu du Sud-Kasaï, en mai 1964, porta le nombre de ses implantations bancaires à 22.
À la fin de 1963, la Morgan Guaranty International Banking Corp. prit une participation minoritaire dans le capital de la Banque du Congo et un de ses représentants fut appelé à siéger au sein de son conseil d'administration.
Les troubles insurrectionnels qui éclatèrent au Kwilu à la fin de 1963 parurent d'abord contenus, mais la rébellion s'étendit ensuite comme une tache d'huile. Au cours du second semestre de 1964, les deux tiers du Congo furent à un moment donné entre les mains des insurgés et parmi les localités occupées se trouvaient les points d'exploitation d'Albertville (Kalemie), Kindu, Stanleyville (Kisangani), Paulis (Isiro), Buia, Bumba, Bunia et Butembo. Les agents, dont la vie se trouvait constamment menacée, manquaient pratiquement de tout. Plusieurs d'entre eux furent tués. La réoccupation progressive par l'Armée nationale congolaise s'amorça en septembre 1964 et s'accéléra ensuite, mais seules les succursales d'Albertville (Kalemie) et de Kindu avaient repris une activité normale en fin d'année. Les succursales de Stanleyville (Kisangani), de Bunia et de Paulis (Isiro) purent être rouvertes dans le courant de 1965. Quant aux succursales de Bumba, de Buta et de Butembo, la première fut rouverte en 1967 et les deux autres en 1969. La comptabilité de certaines succursales pillées dut être reconstituée entièrement au moyen de documents épars.
L'expérience d'africanisation complète du cadre des succursales avait subi l'épreuve des événements : plusieurs de leurs gérants s'étaient trouvés complètement isolés avec la responsabilité d'encaisses importantes et avaient géré la situation avec compétence et sang-froid. Le nombre de succursales entièrement africanisées passa à neuf au 31 décembre 1964 contre cinq l'année précédente. Huit d'entre elles assumaient la représentation de la Banque Nationale du Congo dans le cadre de la convention de gérance du 17 août 1964, qui concernait quinze succursales de la Banque du Congo fixées en des endroits où la Banque Nationale n'en disposait pas. La Banque Nationale du Congo avait en effet repris, en juin 1964, les attributions du Conseil Monétaire qui avait lui-même succédé en 1960 à la Banque Centrale du Congo Belge et du Ruanda-Urundi en République du Congo.
Le Rwanda et le Burundi avaient accédé à l'indépendance au 1er janvier 1962. Leur banque d'émission commune fut mise en liquidation au début de 1964 et ses droits et obligations se trouvèrent transmis à la Banque du Royaume du Burundi, d'une part, et à la Banque Nationale du Rwanda, d'autre part. Répondant au vœu des autorités locales, la Banque du Congo apporta ses activités au Burundi à une société distincte constituée au capital de 50 millions de francs Burundi sous la dénomination de Banque de Crédit de Bujumbura, dont les opérations débutèrent le 8 août 1964.
En 1965, le conseil d'administration, reprenant un projet sur lequel le comité de direction s'était déjà penché depuis un certain temps, décida de proposer aux autorités congolaises une prise de participation de la République démocratique du Congo dans le capital de la Banque du Congo. Cette proposition fut accueillie unanimement d'une manière très favorable. Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 9 juillet 1965, le capital social fut porté de 500 à 700 millions de francs congolais par incorporation d'un montant de 200 millions de francs congolais prélevé sur la réserve disponible, sans modification du nombre de titres existants, soit 100.000. Elle porta ensuite le capital social de 700 à 800 millions de francs congolais par la création de 100.000 actions nominatives nouvelles, souscrites par la République démocratique du Congo au prix de 1.500 francs congolais l'une. Le solde du prix d'émission - soit 50 millions - fut affecté à un compte de réserve indisponible. Le nombre d'administrateurs fut augmenté pour faire place au sein du conseil à un administrateur désigné par la République démocratique du Congo et à deux administrateurs représentatifs des milieux privés congolais. Un quatrième administrateur de nationalité congolaise allait être appelé à siéger au sein du conseil d'administration en qualité de second représentant de la République démocratique du Congo en 1967.
En novembre 1965, le Haut Commandement de l'Armée nationale congolaise décida de prendre le pouvoir pour cinq ans, les prérogatives du chef de l'État étant assumées par le général Joseph-Désiré Mobutu. De profondes modifications intervinrent sur le plan politique et les structures administratives de l'État furent révisées. D'autre part, les principales villes reprirent leur dénomination africaine : Léopoldville, Élisabethville, Stanleyville, Coquilhatville et Costermansville furent rebaptisées respectivement Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbandaka et Bukavu. Le gouvernement congolais arrêta également une série d'importantes décisions sur le plan économique. Une ordonnance-loi du 7 juin 1966 imposa aux sociétés dont le principal siège d'exploitation se trouvait au Congo d'y avoir également leur siège social et leur siège administratif. Cette exigence, qui causa bien des difficultés à de nombreuses entreprises, n'imposa cependant aucune mesure particulière à la Banque du Congo. Le transfert du siège administratif décidé le 27 juin 1960 avait en effet été aussitôt entamé et effectivement réalisé au cours des mois qui suivirent, au fur et à mesure que des solutions pouvaient être apportées aux problèmes d'ordre pratique que posait cette modification de structure. C'est ainsi que tous les services administratifs essentiels avaient été progressivement groupés à Kinshasa sous l'autorité d'un administrateur délégué, y ayant sa résidence permanente. La Banque du Congo ne conservait plus à Bruxelles qu'un secrétariat général chargé d'assumer certaines tâches d'ordre technique jugées indispensables.
La structure du personnel se présentait comme suit à l'époque : étrangers du cadre, 92 ; Congolais du cadre, 96 ; membres du personnel d'exécution, 1.224 ; auxiliaires féminines, 23 ; et agents du secrétariat général, 26. Les responsabilités de plus en plus larges dont avait été chargée l'administration centrale expliquent l'accroissement considérable du personnel en fonction à Kinshasa. Il faut relever, en outre, que les opérations les plus complexes et, notamment, celles comportant des problèmes de change, avaient été pratiquement centralisées à Kinshasa et à Lubumbashi, tandis que certaines succursales, dont l'importance avait diminué, traitaient surtout des opérations de caisse avec un personnel plus réduit qu'antérieurement.
Pendant nombre d'années, les éléments majeurs de l'évolution économique du Congo avaient été le déséquilibre persistant des finances publiques, malgré le renforcement de la fiscalité, et l'insuffisance des recettes d'exportations. À deux reprises, en 1961 et en 1963, les autorités avaient dû procéder à des ajustements monétaires qui avaient abouti à une profonde dévaluation du franc congolais. Ces mesures n'avaient cependant eu que des effets limités à défaut de modification des facteurs déterminants de la situation économique. En juin 1967, les autorités congolaises estimèrent que les circonstances se prêtaient, cette fois, à une réforme fondamentale. La réforme monétaire du 24 juin 1967 constitua en fait un véritable programme de redressement ayant pour principaux objectifs d'encourager la production intérieure, de renforcer la capacité d'exportation, de libéraliser les importations en éliminant le système des quotas, de stabiliser les prix par un approvisionnement régulier et suffisant et, enfin, de trouver les ressources fiscales propres à assumer l'équilibre du budget ordinaire et une partie du financement du budget extraordinaire.
Diverses mesures furent prises à cet effet. Elles englobaient le système de change, les dépenses et les ressources de l'État, la politique des revenus, la politique du crédit et le contrôle des prix. Une nouvelle unité monétaire appelée zaïre fut mise en circulation et remplaça le franc congolais au taux de 1.000 francs pour 1 zaïre. La parité entre le zaïre et le franc belge fut fixée au taux de 100 francs belges pour 1 zaïre. C'était une opération de dévaluation déguisée, car jusque là 1.000 francs congolais anciens valaient 333,33 francs belges au cours acheteur et 277,77 francs belges au cours vendeur ! La conversion en zaïres de tous les comptes et le renouvellement complet de la circulation fiduciaire mirent à rude épreuve le personnel de la Banque en raison du court délai qui était imparti.
Dans le but d'exprimer le capital en zaïres et de rétablir une meilleure proportion entre le capital et les réserves, le conseil d'administration de la Banque du Congo convoqua une assemblée générale extraordinaire qui se tint le 6 novembre 1967. Elle constata d'abord que le montant du capital social, exprimé dans la nouvelle unité monétaire, s'élevait à 800.000 zaïres et décida ensuite de porter ledit capital social de 800.000 à 1.400.000 zaïres, sans création d'actions nouvelles et par voie d'incorporation du fonds indisponible constitué à l'occasion de la prise d'intérêt du gouvernement congolais en 1965, de la plus-value de réévaluation de l'immobilisé et d'une somme prélevée sur la réserve disponible.
Alors que l'on attendait les premiers effets de la réforme monétaire et que tout le pays n'aspirait qu'au calme, une révolte de volontaires étrangers de l'Armée nationale congolaise et d'ex-gendarmes katangais éclata à Kisangani en juillet 1967. Ses développements allaient pour quelques temps provoquer une paralysie partielle du Kivu et du Maniema et déterminer la fermeture de la succursale de Bukavu de la Banque du Congo qui rouvrit cependant ses portes dès la fin de décembre.
Après les troubles et les convulsions qui l'avaient agité depuis son indépendance, le Congo entra alors dans une période où la tranquillité et l'ordre public se trouvèrent rétablis à la faveur du climat de stabilité politique.
Les résultats de la réforme monétaire se conjuguèrent avec les recettes accrues en devises dues au cours élevé du cuivre dont la production augmenta graduellement. Les mesures d'assainissement prises à l'initiative du chef de l'État permirent de limiter les dépenses publiques et de les orienter vers des secteurs plus productifs tels les travaux publics prioritaires. Le déficit budgétaire fut résorbé dès 1968 et l'année 1969 se clôtura par un boni. Les réserves de change s'accrurent rapidement. Elles atteignirent 61 millions de zaïres à la fin de 1967, pour passer ensuite à 85 millions de zaïres à la fin de 1968 et à 113 millions de zaïres à la fin de 1969. Les exportations qui, en 1967, avaient été affectées par les événements qui s'étaient déroulés dans l'Est du pays, marquèrent une augmentation sensible.
Les importations, de leur côté, progressèrent de manière très nette à partir du début de 1968 à la suite de la libéralisation graduelle des opérations courantes avec l'extérieur, qui fut jalonnée par l'abolition des quotas et qui aboutit à la suppression des licences particulières pour l'importation et le paiement de la plupart des marchandises.
Une politique visant à encourager les investissements privés fut mise en œuvre. Les autorités de change décidèrent d'autoriser le transfert des dividendes revenant à des non-résidents. Ces autorisations portèrent pour la première fois sur les dividendes relatifs à l'exercice 1968. D'autre part, un nouveau code des investissements accordant d'importants avantages fiscaux et donnant des garanties de change fut promulgué en juin 1969.
1970 marquait le dixième anniversaire de l'indépendance et le cinquième anniversaire de l'accession au pouvoir du Lieutenant Général Joseph-Désiré Mobutu. Le gouvernement s'attacha pendant cette année à maintenir les équilibres fondamentaux du pays et à amorcer une nouvelle phase de sa croissance économique. Il eut cependant à faire face à une forte baisse des cours du cuivre, principale source de devises de la République démocratique du Congo. Le souci de préserver l'équilibre budgétaire, tout en poursuivant la libéralisation des dispositions en matière d'importation et de contrôle des changes, amena le gouvernement à renforcer le fardeau de la fiscalité qui pesait cependant déjà lourdement sur certaines activités.
Une Société Congolaise de Financement et de Développement (Socofide) fut constituée au début de 1970 avec le caractère d'une véritable banque nationale de développement. La Banque du Congo prit une participation de 134.000 zaïres dans le capital de 2.000.000 de zaïres du nouvel organisme.
Pendant que se concrétisaient les résultats de la réforme monétaire et que la reprise économique s'affirmait, les banques firent l'objet de sollicitations pressantes de leur clientèle en matière de crédits. Elles ne purent y répondre que très partiellement car le crédit faisait, depuis des années, l'objet de mesures d'encadrement très strictes et tout dépassement des plafonds autorisés était pénalisé avec rigueur. Des aménagements furent toutefois apportés aux critères de sélection des crédits. Plus tard, la Banque Nationale du Congo autorisa le relèvement progressif des plafonds afin de permettre au système bancaire d'apporter son concours à certains secteurs spécifiques dont l'importance pour l'équilibre économique général avait été reconnue.
La politique d'africanisation des cadres de la Banque du Congo se poursuivait. Fin 1969, la Banque put appeler un Congolais aux fonctions de directeur et mettre en place des adjoints de direction congolais. Au 31 décembre 1970, le réseau d'exploitation de la Banque du Congo comportait 2 sièges, 20 succursales, 3 agences et 2 bureaux, soit 27 implantations. Ainsi, malgré tous les obstacles, elle augmentait le nombre de ses sièges d'exploitation au Congo. Ce vaste ensemble était contrôlé par un corps d'inspecteurs disposant d'un avion privé. Au total, l'effectif de la Banque comptait 1.885 personnes, dont 121 Congolais du cadre, 89 étrangers du cadre, 1.627 membres du personnel d'exécution, 33 auxiliaires féminines, 11 agents du secrétariat général et 4 stagiaires.
Avec une interruption d'un an seulement, la Banque du Congo continua à rémunérer régulièrement ses actionnaires. Les bénéfices réalisés passèrent de 486.000 zaïres en 1967 à 859.000 en 1968 et à 1.102.000 en 1969. Les fonds propres après répartition, quant à eux, passèrent de 2.292.000 zaïres en 1967 à 4.115.000 en 1968 et à 5.003.000 en 1969 - ce qui illustre l'augmentation rapide des réserves. À Kinshasa, l'immeuble qui abritait l'administration centrale et l'agence locale de la banque ne suffisait plus désormais aux besoins. La construction d'un immeuble tour destiné à recevoir leurs services débuta à front du boulevard du 30 Juin, au cœur du quartier des affaires de Kinshasa.
L'assemblée générale du 18 novembre 1971 décida de modifier la dénomination sociale de la Banque du Congo en Banque Commerciale Zaïroise (B.C.Z.). Dans le même temps, elle proposa au gouvernement zaïrois de porter la participation de l'État dans son capital social à un niveau égal à celui que détenait la Société Générale de Banque. Le capital social fut porté à 2.400.000 zaïres.
La zaïrianisation de l'économie fut décidée en novembre 1973 avec de nombreuses conséquences sur la vie économique et sociale du Zaïre. Cette politique et la crise du pétrole déstabilisèrent la balance de paiements du pays.
Le 25 novembre 1975, la Banque Commerciale Zaïroise inaugura son nouveau siège social au boulevard du 30 Juin, après 5 ans de travaux. Le financement de l'investissement avait été assuré par les ressources propres de la banque.
En 1977, le Zaïre fut secoué par la guerre du Shaba, qui dura 80 jours. À la fin de l'année, la banque comptait 32 points d'exploitation et employait 2.352 personnes.
Dix ans plus tard, la B.C.Z. employait 2.952 agents. La banque évoluait toutefois dans un environnement économique difficile caractérisé entre autres par une détérioration des termes d'échange, réduisant ainsi la capacité d'importation nécessaire au développement du pays.
À partir de septembre 1991, le pouvoir de Mobutu fut confronté à une agitation intérieure croissante. L'inflation de près de 9000 % en 1994 illustre l'état d'effondrement progressif de l'économie et des finances du Zaïre. Dans le même temps, le secteur bancaire était de plus en plus marginalisé par la pénurie de signes monétaires, la masse fiduciaire circulant de plus en plus en dehors des banques, dans un marché informel. Le secteur bancaire ne parvenait plus à rencontrer ses propres besoins de fonctionnement régulier. Fin 1995, le nombre d'employés de la banque était tombé à 1.608.
En 1996, la guerre dite de libération débuta à l'Est du pays. En 1997, après le départ du président Mobutu et la prise de Kinshasa par l'Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo, Laurent Désiré Kabila se proclama président de la République. Le Zaïre redevint Congo. La banque prit le nom de Banque Commerciale du Congo, nom sous lequel elle subsiste aujourd'hui.
De 1998 à 2002, le Congo est la proie d'un conflit armé impliquant neuf pays africains, et une trentaine de groupes armés, ce qui en fait la plus grande guerre entre États de l'histoire de l'Afrique. Elle est surnommée la " grande guerre africaine ". Elle est aussi nommée " deuxième guerre de libération nationale ".
En 2009, le Belge d'origine néo-zélandaise Georges Forrest racheta plus des deux tiers de la participation de la Belgolaise dans la Banque Commerciale du Congo, première banque commerciale du pays.

Banque Belgo-Congolaise ou Belgolaise

La Banque Belgo-Congolaise ou Belgolaise, constituée comme on a dit le 14 avril 1960 à l'initiative de la B.C.B. et sous forme de société anonyme de droit belge, commença ses opérations le 1er mai 1960. Elle se trouva ainsi immédiatement confrontée avec les difficultés nées des circonstances qui précédèrent et suivirent l'octroi de l'indépendance au Congo. La tension atteignit un point extrême lorsque ses services durent faire face à l'exécution de la masse d'opérations intéressant les réfugiés.
Malgré l'ambiance peu favorable des années qui suivirent l'indépendance du Congo, les résultats des premiers exercices furent très satisfaisants et le dividende put être régulièrement augmenté.
Comme la circulation en bourse des actions de la Belgolaise était fort étroite, le conseil d'administration estima intéressant d'augmenter le nombre de titres qui représentaient le capital. Le conseil d'administration aurait désiré porter le nombre d'actions, en une fois, de 175.000 à 450.000, mais il craignait de ne pouvoir assurer une rémunération convenable à ce nombre de titres. Il proposa, en conséquence, à une assemblée générale réunie le 21 mai 1965 de porter le nombre initial d'actions à 350.000 et de répartir les 175.000 actions nouvelles entre les actionnaires anciens à raison d'un titre nouveau pour chaque titre ancien. L'assemblée générale approuva cette proposition et adopta l'appellation " Belgolaise " comme dénomination sociale abrégée.
Au cours de la même année, la Belgolaise acquit la quasi-totalité des actions de la Banque de Crédit de Bujumbura, société par actions à responsabilité limitée au capital de 50.000.000 de francs Burundi, dont elle était le principal correspondant en Europe.
À la fin de 1966, la Belgolaise participa, d'autre part, avec des organismes parastataux rwandais, à la création de la Banque de Kigali, société par actions à responsabilité limitée, au capital de 40.000.000 de francs rwandais, dont elle souscrivit les deux cinquièmes. En devenant également le correspondant de cette nouvelle banque, la Belgolaise raffermissait encore des liens d'affaires qui l'unissaient aux trois pays indépendants qui avaient été sous administration belge, puisqu'elle assurait ainsi la représentation en Belgique et au Royaume-Uni de la Banque du Congo, de la Banque de Crédit de Bujumbura et de la Banque de Kigali et que ces banques la représentaient respectivement au Congo, au Burundi et au Rwanda.
Les bénéfices sociaux ayant régulièrement progressé et les perspectives d'avenir étant favorables, le conseil d'administration jugea qu'il pouvait, sans se départir de sa politique de prudence, mettre à exécution son projet de porter le nombre d'actions représentatives du capital social à 450.000 : une assemblée générale extraordinaire, qui se tint le 8 novembre 1968, décida d'augmenter de 350.000 à 450.000 le nombre d'actions et de répartir les 100.000 actions nouvelles entre les propriétaires des 350.000 actions anciennes, à raison de 2 actions nouvelles pour 7 actions anciennes.
L'année 1970 marqua le dixième anniversaire de la Belgolaise. Pendant la décennie qui venait de s'écouler, les opérations de la Banque étaient demeurées axées essentiellement sur les relations d'affaires entre la Belgique, d'une part, la République démocratique du Congo, le Burundi et le Rwanda, d'autre part. Dans le cadre de ses efforts pour promouvoir leurs échanges commerciaux réciproques, elle avait été amenée, au cours des derniers exercices, à accroître son soutien financier aux importateurs et exportateurs exerçant leurs activités en République démocratique du Congo, en raison de la politique restrictive de l'Institut d'Émission Congolais dans le domaine du crédit bancaire au secteur privé. D'autre part, elle était également intervenue dans le financement à moyen terme de biens d'équipement livrés par des firmes belges à des sociétés installées au Congo.
Lors de l'assemblée générale ordinaire du 22 avril 1970, le conseil d'administration eut la satisfaction de comparer les comptes sociaux au 31 décembre 1961 et au 31 décembre 1969. Les dépôts et comptes courants étaient passés de 2.727.000.000 de francs à 6.224.000.000 de francs, tandis que le total des valeurs du bilan avait progressé parallèlement de 4.236.000.000 de francs à 9.176.000.000 de francs. Alors que le bénéfice du premier exercice social, d'une durée de vingt mois, avait été de 45.000.000 de francs, il s'établissait à 142.000.000 de francs pour l'exercice 1969. Quant à la rémunération des actionnaires - abstraction faite des ajustements fiscaux à apporter en raison des modifications subies par le régime fiscal - elle était passée de 80 francs nets à 175.000 actions, pour un exercice de vingt mois, à 115 francs net à 450.000 actions, pour un exercice normal. Comme le total du non exigible et du report à nouveau atteignait 662.000.000 de francs après répartition du bénéfice de l'exercice 1969, le conseil d'administration, tenant compte de ce qu'une certaine proportion devait être maintenue entre le capital et les réserves de la Banque, proposa aux actionnaires de porter le capital social de 300 à 500 millions de francs par prélèvement sur la réserve disponible, sans création de titres nouveaux. Cette proposition fut adoptée par les actionnaires réunis en assemblée générale extraordinaire le 15 juin 1970.
Ce fut en 1970 aussi que naquit la Société Internationale Financière pour les Investissements et le Développement en Afrique, en abrégé Sifida. Cette société fut créée à Luxembourg le 1er juillet par des banques de nombreux pays, dont la Belgolaise, avec pour objet de promouvoir les investissements privés dans les États africains indépendants. Elle commença ses opérations en 1971.
La Belgolaise informatisa très tôt une série de ses services. Dès 1970, la tenue des encours en matière d'effets et de crédits documentaires, l'exécution d'ordres permanents de la clientèle et le calcul des intérêts sur les comptes à terme avaient été transférés sur ordinateur. Continuant sur cette lancée, la société acheva fin 1971 le transfert de la comptabilité sur ordinateur. En 1973, d'autres tâches encore furent informatisées comme la comptabilisation des effets à l'encaissement et l'établissement des documents destinés aux organes de contrôle bancaire.
Le 2 décembre 1972, la Belgolaise signa une convention aux termes de laquelle elle participait aux côtés de l'Office National du Ducroire à un crédit acheteur consenti à la République du Zaïre et d'un montant de 1.462.500.000 francs belges. Ce crédit concernait les travaux de génie civil de la seconde phase des travaux du barrage d'Inga. Outre la participation de la banque dans des crédits internationaux en faveur de la République du Zaïre et qui ont eu pour objet le financement de l'Office National du Café pendant la campagne 1972-1973, le financement du World Trade Center de Kinshasa et le financement d'autobus par l'Office des Transports en Commun du Zaïre, il faut également mentionner sa participation à des crédits internationaux ouverts en faveur du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.
Durant les années 1974-1975, la diminution du volume des importations du Zaïre provoqua une baisse de l'activité traditionnelle de la banque en matière de crédits documentaires. La banque avait toutefois progressivement diversifié ses activités avec d'autres pays dans les domaines des financements commerciaux et des crédits consortiaux (roll over).
En 1980, la Banque Belgo-Zaïroise ou Belgolaise possédait trois filiales en Afrique, conjointement avec la Société Générale de Banque. La Banque Commerciale Zaïroise, tout d'abord, était contrôlée par la Belgolaise, la Société Générale de Banque (19,8 %), l'État zaïrois et la Morgan Guaranty International Finance Corporation. Le capital de la Banque de Crédit de Bujumbura était détenu à hauteur de 50% par la Société Générale de Banque. Dans la Banque de Kigali, elle ne détenait par contre que 15,4 %.
À partir des années 1970, la Société Générale de Banque développa considérablement sa présence en Afrique en prenant des participations dans des banques au Maroc, au Sénégal et en Côte d'Ivoire (1976), en Guinée (1985), au Cameroun (1986), au Nigéria (1991), en Tanzanie, au Kenya et au Congo-Brazzaville (1994), au Burkina-Faso, au Togo, en Mauritanie et au Niger (1995).
Le 26 avril 1995, la dénomination de la Banque Belgo-Zaïroise fut officiellement simplifiée en " Banque Belgolaise ". Elle était alors la seule banque européenne à se concentrer exclusivement sur l'Afrique où elle opérait dans quinze pays. La Belgolaise était spécialisée dans le financement du commerce extérieur, tant des produits agricoles que d'un grand nombre de minerais. En tant que gestionnaire de fortunes, elle s'adressait spécifiquement aux clients de différents pays africains résidant à Londres, Paris ou Bruxelles. À ce titre, elle prenait des risques importants qui se traduisirent par de lourdes pertes en 1997. Une restructuration s'en suivit.
Vers 1999, la Belgolaise était filiale à 60 % du groupe Fortis. Le groupe racheta les 100 % du capital de la Banque dès 2000. Mais entre 2002 et 2013, un scandale éclaboussa la Belgolaise, soupçonnée de faux, usage de faux et de blanchiment. Ces accusations portaient sur une série d'ordres de transferts entre la Miba, une société qui produit des diamants au Congo, la Belgolaise et la Banque Centrale du Congo. Il était question de prélèvement sur les comptes de la Miba " pour efforts de guerre " avec achats d'armes destinées à la rébellion. Le parquet belge suspectait la Belgolaise d'avoir commis des actes de blanchiment dans le cadre d'achats d'armes. Finalement, cette affaire se termina en 2013 par un non-lieu. Elle avait néanmoins profondément entaché l'image de la banque.
Dès 2004, le groupe Fortis envisagea de se défaire de sa filiale africaine. Celle-ci fut mise en vente en janvier 2005. Mais en août 2005, aucun candidat acheteur ne s'était présenté pour le tout. Il fut donc décidé que la Belgolaise serait liquidée en tant qu'entreprise distincte et que ses activités seraient largement intégrées à Fortis. Le comité exécutif de la Belgolaise fut chargé de préparer la réorganisation de ses activités. Les activités stratégiques de la Belgolaise, telles que le financement du commerce international, la gestion d'actifs et la salle des marchés, furent intégrées au sein de Fortis Banque. La Belgolaise employait alors environ 400 personnes.
Quant au réseau de participations dans des banques africaines, il fut mis en vente. Dès août 2004, un accord avait été passé avec la Bank of Africa (B.O.A.) pour la reprise par celle-ci de Trust Bank (Ghana), d'Allied Bank (Ouganda) et d'Eurafrican Bank (Tanzanie). La participation de BNP Paribas Fortis dans la Banque Commerciale du Congo (25,6 %) fut cédée en décembre 2009 à un homme d'affaires belgo-congolais, George Forrest. Selon le rapport annuel de la Banque Commerciale du Congo, Forrest possédait déjà 11,55 % du capital de cette entreprise fin 2008. Avec la participation de la Belgolaise, il devenait le principal actionnaire de la Banque Commerciale du Congo, avec plus de 30 %.
Une fois tous ses actifs cédés, la liquidation de la Belgolaise fut clôturée en juillet 2018.

Compétences et activités

Les activités des banques dont les archives sont inventoriées ci-après ont évolué au fil du temps. C'est ainsi que durant la période 1913-1955, la Banque du Congo Belge a été la seule banque d'émission au Congo en même temps que le caissier de la Colonie. Avant et après cette date, elle a été la plus importante banque de dépôt et banque commerciale du Congo - et ce, durant tout le XXe siècle.
Quant à la Belgolaise, elle avait des compétences toutes particulières dans le financement du commerce international avec les pays d'Afrique et la gestion d'actifs. Elle disposait aussi d'une salle des marchés performante.

Organisation

L'organisation de la banque a toujours été décentralisée : le rôle de son réseau a été essentiel dans son développement.

Archives

Historique

Alors que la collecte des archives historiques de la Société Générale de Banque et de plusieurs de ses filiales, comme la Banque Belge pour l'Étranger, avait été entamée par les archivistes successifs de la Société Générale de Banque dès les années 1970, il revient aux collaborateurs de l'Association pour la Valorisation des Archives d'Entreprises (A.V.A.E.) d'avoir rassemblé un fonds d'archives historiques produites par la B.C.B. et par la Belgolaise.
Dès 2004, alors que l'A.V.A.E. reçoit pour mission de classer l'ensemble des archives de la Générale de Banque, il est envisagé de traiter également les archives de différentes filiales ou sociétés absorbées. Pour ce qui regarde en particulier la B.C.B. et la Belgolaise, il est dit dans un rapport de cette année-là que " l'inventaire envisagé porterait aussi sur les archives historiques de certaines filiales de Fortis Banque : la Belgolaise et la BBE (actuellement Belgian Bank Fortis Asia HK). Pour ce qui est de la Belgolaise, la personne de contact est M. Lemaire. Soulignons que cette banque garde depuis toujours une certaine autonomie dans le groupe. L'objectif n'est pas nécessairement de fondre matériellement ses archives historiques dans l'ensemble des archives historiques de Fortis Banque mais en tous cas d'en avoir une connaissance plus précise (éviter la perte d'un patrimoine). Nous avons repéré 50 mètres d'archives, environ ".
Un relevé de différents locaux est effectué à cette occasion :
" Cave 1. Armoire contenant différents documents concernant le droit d'émission de l'ancienne Banque du Congo Belge : charte d'émission, spécimens de billets, documents sur la contrefaçon, maquette des billets ; dossiers sur les impôts de guerre ; notes sur le cercle sportif de la Banque (2 m). Boîte contenant le manuscrit et des documents préparatoires du mémorial de la Banque du Congo Belge publié lors de son cinquantième anniversaire (0,2 m).
Couloir. Bilans et archives comptables (déclarations fiscales) depuis 1926...
Cave 2. Fonds photos (3m). Collection du Bulletin de la Banque du Congo Belge depuis 1948. Collection des rapports annuels de la Banque depuis 1909. Archives Van Cauteren (années 1970-1988) (23 m). Archives VDL (Van der Linden) et Ralet (5m). Malles marquées 'archives Bonvoisin' et 'administrateur délégué'... (17 m) ".
Toutes ces archives ne pourront pas être récupérées malheureusement. C'est ainsi que les archives Bonvoisin, administrateur délégué de la Belgolaise pendant de nombre d'années, ne seront jamais confiées aux archivistes malgré plusieurs démarches. Par contre, des petits lots de documents supplémentaires furent versés en 2007 : supplément concernant le siège de la Belgolaise à Londres et supplément d'archives versés par le secrétariat Belgolaise.
En janvier 2008, les archivistes récupérèrent quelque 27 mètres d'archives supplémentaires à l'intervention de Philippe Delvoie. Il s'agissait pour l'essentiel des rapports périodiques des agences au Congo. Ceci portait l'ensemble des archives de la B.C.B. et de la Belgolaise à quelque 65 mètres. Un inventaire de l'ensemble fut alors réalisé, qui clôtura la première phase de traitement (2005-2008).
Les archives furent alors ouvertes à la recherche par la BNP Paribas Fortis Historical Centre. Mais de nouveaux suppléments d'archives furent versés dans les années qui suivent. En décembre 2013, les archivistes reçurent 35 cm de registres des conseils d'administration (1975-1983) et comité de direction (1977-1982) de la Belgolaise. En février 2014, réception de 6 mètres linéaires d'archives de direction (CD et CA) de la Belgolaise (années 1976 à 2003, complément à celles récupérées en 2013).
En 2016, le Fortis Historical Centre et l'ensemble des archives qu'il gérait furent déménagés depuis l'immeuble de l'ex-Belgolaise, rue des Sols à Bruxelles, jusqu'au siège de l'ancienne CGER, sis rue du Marais.
Dans le courant de l'année 2019, les suppléments d'archives de la Belgolaise reçus en 2013-2014 (5,3 mètres) furent inventoriés.
Puis, dans le cadre de la préparation du don de l'ensemble des archives historiques de BNP Paribas Fortis aux Archives de l'État, l'ensemble du fonds fut remembré, renuméroté et reconditionné en boites et chemises non acides par Marie Meyer et Annette Hendrick (2021-2022).

Acquisition

En septembre 2022, les archives de la B.C.B. ont été transférées aux Archives Générale du Royaume (dépôt Joseph Cuvelier ou A.G.R. 2), en même temps qu'une série d'autres fonds d'archives faisant partie du patrimoine de BNP Paribas Fortis. Le contrat de don avait été signé le 24 mars 2022.

Contenu

Le présent inventaire regroupe en fait des archives de six sociétés : la B.C.B. (Banque du Congo Belge) s.a., puis Banque du Congo Belge s.c.a.r.l., puis Banque du Congo s.c.a.r.l., puis Banque Commerciale Zaïroise s.z.a.r.l., puis Banque Commerciale du Congo ; la Belgolaise (Banque Belgo-Congolaise) s.a., puis Belgolaise (Banque Belgo-Zaïroise) s.a. ; la Banque Commerciale du Congo (B.C.C.) ; la Banque de Crédit de Bujumbura s.a.r.l. ; la Banque de Kigali s.a.r.l., puis Banque de Kigali s.a. ; et la Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.c.a.r.l., puis Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.a.
Les archives de ces différentes sociétés sont très inégales quant à leur richesse et leur intérêt.
Pour ce qui regarde la Banque du Congo Belge ou B.C.B. (devenue ensuite Banque Commerciale Zaïroise puis Banque Commerciale du Congo), on possède plusieurs séries intéressantes : les rapports annuels, les dossiers des assemblées générales, les procès-verbaux des réunions du conseil d'administration de 1909 à 1976, les situations comptables de 1910 à 1971 et les dossiers des activités des succursales au Congo de 1953 à 1998. Cette dernière série en particulier est très riche pour retracer à partir de sources originales l'histoire économique et politique du Congo. Mentionnons aussi les quelques dossiers se rapportant à l'émission de billets de banque, très intéressant sur le plan artistique. On conserve très peu par contre pour ce qui est des archives de direction, des documents relatifs aux finances de la B.C.B., des archives du service du personnel, etc.
Pour ce qui regarde les archives de la Belgolaise, les archives des organes de gestion sont bien conservées. On a aussi sauvé une abondante et intéressante documentation sur le Congo / Zaïre, son évolution politique, économique, financière, les relations entre le Congo et la Belgique, etc. Mais dans ce sous-fonds aussi les carences sont nombreuses : par exemple, on ne conserve rien sur les finances et la comptabilité de l'entreprise et très peu sur le département du personnel, les opérations de banque, les relations publiques de la Belgolaise et son réseau en Afrique...
Les archives de la Banque Commerciale du Congo (B.C.C.) sont réduites à la portion congrue. On ne possède même plus les procès-verbaux du conseil d'administration. Seuls quelques documents comptables permettront de se faire une idée de l'évolution des activités de la B.C.C.
Les archives de la Banque de Crédit de Bujumbura se résument pour ainsi dire à une série de bilans pour les années 1964-1997.
Les archives de la Banque de Kigali se limitent à une collection de rapports annuels et à quelques publications.
Enfin, les archives de la Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.c.a.r.l. (puis Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.a.) comprennent des dossiers relatifs aux assemblées générales et à la taxation de l'entreprise.

Langues et écriture des documents

La grande majorité des archives est en français.

Sélections et éliminations

Très peu d'archives ont été éliminées en cours de traitement. Ce qui restait des archives de l'entreprise ne le justifiait pas. Le relevé sommaire de juin 2004 mentionnait 28,5 mètres linéaires d'archives : c'est quasi le même chiffre aujourd'hui.

Accroissements / compléments

Aucun accroissement ultérieur du fonds n'est prévu.

Mode de classement

Le classement des archives a été réalisé en respectant le principe de provenance. Six lots ou sous-fonds ont été formés.
On trouve d'abord les archives de la B.C.B. (Banque du Congo Belge) s.a., fondée en 1909 et devenue successivement Banque du Congo Belge s.c.a.r.l. (16 septembre 1952) puis Banque du Congo s.c.a.r.l. (24 août 1960), Banque Commerciale Zaïroise s.z.a.r.l. (18 novembre 1971) et enfin Banque Commerciale du Congo.
Les cinq lots suivants comprennent les archives de la Belgolaise (Banque Belgo-Congolaise) s.a. puis Belgolaise (Banque Belgo-Zaïroise) s.a. ; de la Banque Commerciale du Congo (B.C.C.) ; de la Banque de Crédit de Bujumbura s.a.r.l. ; de la Banque de Kigali s.a.r.l., puis Banque de Kigali s.a. ; et de la Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.c.a.r.l., puis Société Mobilière et Immobilière Congolaise s.a.
Au sein de chacun de ces six sous-fonds, l'ordre des archives est classique. On retrouve successivement les historiques, les documents relatifs à l'évolution des statuts, les archives des organes de gestion (assemblées générales, conseil d'administration, comité de direction...), les archives des différents services et la documentation. Cette dernière est très abondante.

Conditions d'accès

La convention de don signée entre la banque BNP Paribas Fortis et les Archives de l'État stipule que " pour toute archive produite après 1980, un délai de consultation de 40 ans est de rigueur ". Les numéros suivants de l'inventaire feront exception à cette règle générale et pourront être communiqués et prêtés :
- immédiatement : numéros 22, 24, 31-32, 35, 260, 314, 316, 337-348, 460, 470-525, 528, 556, 560, 562-564, 568, 570, 575-576, 579, 584, 586-703, 734-736, 812-814 ;
- après un délai de soixante ans à dater de la clôture du dossier : 530-545.

Conditions de reproduction

Les conditions de reproduction en vigueur aux AGR sont applicables aux archives de ce fonds.

Documents apparentés

On trouvera un petit lot d'archives très intéressantes relatives à la Banque du Congo Belge et sa filiale, la Banque Commerciale du Congo, dans le fonds de la Banque Philippson puis Banque Degroof, qui sont conservées par la famille Philippson. Pour tout renseignement concernant ces archives, contactez Michèle Bénichou, Guardiola Invest, chaussée de Louvain 431 à 1380 Ohain (Lasne), téléphone : 02.354.01.51, e-mail : archives@philippson.be. Nous reproduisons en annexe la partie de l'inventaire de ce fonds qui concerne la Banque du Congo Belge et la Banque Commerciale du Congo.
La banque BNP Paribas Fortis conserve par devers elle une collection très riche de photos prises au Congo par ou pour la Banque du Congo Belge : agences, logements des employés, entreprises clientes, etc.
Aux Archives générales du Royaume, plusieurs fonds comprennent des articles relatifs à la Banque du Congo Belge. C'est par exemple le cas du fonds Société Générale de Belgique, 6e versement, dont l'article 120 est un dossier de Jules Bagage, qui fut administrateur de la Banque du Congo Belge. Ce dossier concerne l'administration de cette société, sa fusion avec la Banque Commerciale du Congo et son privilège d'émission (1948-1952). L'article 187 du même fonds est un dossier concernant le mandat d'administrateur de Félicien Cattier à la Banque du Congo Belge s.a. et comprend les procès-verbaux des réunions du conseil d'administration et du comité permanent (janvier 1940-mars 1945) et de la correspondance reçue et envoyée par Cattier (1939-1945).
Le fonds Société Générale de Belgique, 5e versement, comprend un dossier concernant la gestion de la B.C.B. (Banque du Congo Belge) pendant la Première Guerre mondiale (n° 2081). Il s'agit d'un dossier d'Edmond Carton de Wiart.
La Banque de la Société Générale de Belgique (puis Générale de Banque, puis Fortis Banque) fut longtemps le principal actionnaire de la Banque du Congo Belge et de la Belgolaise. Il est donc logique de trouver de nombreux renseignements relatifs à ces deux entreprises dans le fonds d'archives de leur société-mère, conservé depuis 2022 par les A.G.R. Citons par exemple le n° 2080 (n° provisoire), qui comprend les extraits de procès-verbaux du conseil d'administration de la B.S.G.B. concernant l'activité de ses filiales à l'étranger et notamment des exposés de G. Feyerick, P. Bonvoisin et E. Féron sur la Banque du Congo Belge puis Belgolaise (1954-1961). Le n° (provisoire) 5680 du même fonds est un dossier concernant la Banque du Congo Belge (puis Banque du Congo) et la Banque Belgo-Congolaise (alias Belgolaise) avec entre autres copie des plans du siège de la Banque du Congo Belge tracés par l'architecte Jules Brunfaut et d'autres documents concernant les bâtiments (1913-1921), un historique de la Banque du Congo Belge pendant la Seconde Guerre mondiale (1966), un historique de la Belgolaise à l'occasion de son 10e anniversaire en 1970, et des listes reprenant les dates d'ouverture et de fermeture des agences et succursales de la Banque du Congo Belge (puis Banque du Congo, puis Banque Commerciale Zaïroise), de la Banque de Kigali et de la Banque de Bujumbura de 1909 à 1986.

Bibliographie

DOCLOT, R., La Banque du Congo Belge. Son rôle et sa mission dans l'évolution économique du Congo belge depuis sa fondation en 1909 jusqu'au 30 juin 1952, date à laquelle elle devient banque privée, Louvain, Université Catholique de Louvain, 1953 (mémoire présenté pour l'obtention du grade de licencié en sciences commerciales et financières).
Banque du Congo Belge. 1909-1959, Bruxelles, 1959, 207 p.
BUYST, E., CASSIERS, I., HOUTMAN-DE SMEDT, H., KURGAN-VAN HENTENRYK, G., VAN MEERTEN, M. et VANTHEMSCHE, G., La Générale de Banque 1822-1997, Bruxelles, 1998, 704 p.

Contrôle de la description

Les deux auteurs, René Brion et Jean-Louis Moreau, ont travaillé conjointement à la rédaction du présent inventaire entre 2005 et 2008, sans que telle ou telle partie soit attribuable à l'un en particulier. Entre 2020 et 2022, une mise à jour a été effectuée par Jean-Louis Moreau, Annette Hendrick et Marie Meyer.
Le traitement tient compte des normes archivistiques internationales telles qu'appliquées en Belgique par les Archives de l'État et exposées dans les ouvrages suivants :
- PETIT R., VAN OVERSTRAETEN D., COPPENS H. et NAZET J., Terminologie archivistique en usage aux Archives de l'État en Belgique. I. Gestion des archives(Archives Générales du Royaume et Archives de l'État dans les provinces. Miscellanea Archivistica Manuale, 16), Bruxelles, 1994.
- COPPENS H., De ontsluiting van archieven. Richtlijnen en aanbevelingen voor de ordening en beschrijving van archieven in het Rijksarchief (Algemeen Rijksarchief en Rijksarchief in de provinciën. Miscellanea Archivistica Manuale, 21), Bruxelles, 1994.
- Directives relatives au contenu et à la forme d'un inventaire d'archives (Archives générales du Royaume et Archives de l'État dans les provinces), Bruxelles, août 2012.


Table des sigles et abréviations

A.G. : Aktiengesellschaft
A.G.R. Archives Générales du Royaume
A.M.B. : Annexes au Moniteur belge
a.s.b.l. : association sans but lucratif
B.C.B. : Banque du Congo Belge
C.E.E. Communauté Économique Européenne
Cie : compagnie
Cy : Company
e.u.p. : établissement d'utilité publique
G.m.b.H. : Gesellschaft mit beschranken Haftung
Inc. : incorporated
Ltd. : Limited
n.v. : naamloze vennootschap
NN. [sigle conventionnel pour un prénom inconnu]
n° : numéro
O.P.A. offre publique d'achat
s.a. : société anonyme
s.c. : société coopérative
s.c.a.r.l. société congolaise à responsabilité limitée
S.G.B. Société Générale de Belgique
s.n.c. : société en nom collectif
s.p.r.l. : société de personnes à responsabilité limitée
s.z.a.r.l. : société zaïroise à responsabilités limitée

1Statuts imprimés de la B.C.B. dans leur version de 1911, 1925, 1927, 1935, 1937, 1947, 1952, 1955, 1966 et 1974, rapports annuels de 1910 à 1948 (deux séries). 1911-1974.1 liasse
2Dossier concernant la création de la B.C.B., ses statuts et les modifications aux statuts, les délégations de pouvoirs accordées à des tiers et l'immatriculation de la B.C.B. à différents registres de commerce : extraits des A.M.B. des 30 janvier et 14 mars 1909, note sur la souscription au capital, copie certifiée conforme de la licence accordée à la banque par Sir Arthur Theodore Thring le 25 février 1915, pouvoirs accordés par la banque à René Guillaume, directeur de la banque en Afrique (1915), correspondance avec le ministère des Colonies concernant l'approbation et les modifications aux statuts de la banque (1911-1935), documents (formulaires, coupures de presse, correspondance) relatifs à l'inscription de la B.C.B. aux registres de commerce de Bujumbura et Léopoldville (1950-1956), note sur un projet de modification aux statuts de la B.C.B. en 1960 à l'occasion de l'indépendance du Congo et coordination des statuts en 1962. 1909-1962.1 liasse
3Notes et correspondance relatives à des modifications aux statuts. 1948-1960.1 chemise
4Dossier concernant la liquidation de la B.C.B. s.a. en 1952, suite à la perte du privilège d'émission, la constitution d'une nouvelle société dénommée Banque du Congo Belge et dotée du statut de société congolaise par actions à responsabilité limitée et la fusion de cette société avec la B.C.C. (Banque Commerciale du Congo). 1952.1 chemise
5Dossier concernant la création de la B.C.B. s.c.a.r.l. en 1952 et les modifications aux statuts : acte constitutif, extraits des A.M.B., statuts imprimés de 1952, note donnant la comparaison entre les statuts de 1952 et les statuts antérieurs, modifications aux statuts notamment à l'occasion des décisions prises lors de la séance extraordinaire du conseil d'administration du 8 avril 1960. 1952-1960.1 chemise
6Listes des souscripteurs au capital de la B.C.B. s.a. 1909.1 chemise