Inventaire des archives du Ministère de l'Intérieur au Havre relatives aux Colonies scolaires belges en France et en Suisse, 1914-1919

Archivdatei

Name: Ministère de l'Intérieur. Colonies scolaires belges en France et en Suisse (archives de la Guerre). \ Ministerie van Binnenlandse Zaken. "Colonies scolaires belges" in Frankrijk en in Zwitserland (Oorlogsarchief).

Periode: 1914 - 1919

Inventarisierter Umfang: 13,95 laufenden Metern

Archivstandort: Generalstaatsarchiv

Rubrik : Innere Angelegenheiten

Inventar

Autoren: M. Amara

Jahr der Publikation: 2008

Code des Inventars: I 412

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Producteur d'archives

En mai 1915, le Ministère de l'Intérieur entreprit de créer plusieurs colonies scolaires, en France, afin d'y évacuer les enfants belges demeurés dans les zones situées à proximité du front. Sous sa houlette, une soixantaine de " Colonies des enfants de l'Yser " virent le jour à travers l'ensemble du pays et furent installées dans des châteaux, anciennes écoles, fermes, usines désaffectées et hôtels loués ou mis gratuitement à disposition du Ministère de l'Intérieur. Basées principalement en Normandie et dans les environs de Paris, ces établissements scolaires furent rassemblés au sein de " groupements " dont la direction fut confiée à plusieurs administrateurs. Le sénateur François Empain et le député Emile Brunet se virent attribuer la gestion des colonies du groupe de Paris. Quant à la tutelle sur les institutions du groupe de Normandie, elle fut exercée par le député Jean Ramaekers, pour les colonies des environs de Rouen, et par l'avocat Albert Olbrechts pour celles de la région d'Yvetot. Chaque colonie fut dotée d'un personnel belge qui dispensa un enseignement organisé selon les programmes en vigueur dans les écoles primaires belges. Aux colonies de Normandie furent adjoints un hôpital, basé à Ouville-l'Abbaye, un service en charge du ravitaillement, établi à Yvetot, ainsi qu'un Vestiaire central, créé au Havre. Les colonies scolaires furent financées par des allocations accordées aux enfants belges par le gouvernement français, par des dons émanant de particuliers et d'œuvres privées ainsi que par des fonds issus du Belgian Relief Fund.

Parallèlement à l'action conduite par les autorités belges, plusieurs œuvres privées s'attachèrent à venir en aide aux enfants évacués. Parmi celles-ci, la Croix-Rouge américaine s'imposa comme une des plus importantes en participant à la création de colonies réparties en plusieurs points du territoire français. En plus des enfants originaires de la zone du front, ces établissements participèrent activement à l'accueil de jeunes Belges originaires des banlieues ouvrières des régions de Liège et de Charleroi, évacués via la Suisse, en accord avec les autorités occupantes.

En mai 1918, les seules colonies placées sous le contrôle du Ministère de l'Intérieur abritaient plus de 7.300 enfants (1)
. Toutefois, ce chiffre ne tient pas compte des enfants qui séjournèrent dans les colonies gérées par des œuvres privées, ni de ceux qui furent rendus à leurs parents après un bref séjour. Au total, le nombre des enfants évacués vers l'arrière du front et qui séjournèrent au sein de colonies scolaires dépasse les 10.000.

Archives

Historique

Les archives des colonies scolaires belges en France et en Suisse furent remises à la Commission des Archives de la Guerre via un versement effectué par le Ministère de l'Intérieur, le 3 septembre 1924 (2)
. A cette occasion, il fit l'objet d'un premier inventaire comptant 122 numéros dont la structure a été fondamentalement remaniée (3)
.

Contenu

Ce fonds est d'un très grand intérêt pour tout qui s'intéresse aux conditions de vie des populations civiles de la zone du front. En outre, il offre un éclairage très intéressant sur les politiques engagées par le gouvernement du Havre dans le cadre de la protection de l'enfance. De manière indirecte, ces archives recouvrent de nombreuses problématiques relatives, notamment, à la vie des communautés religieuses réfugiées en France, au traitement de la délinquance juvénile ou à l'organisation de l'enseignement belge à l'étranger, durant la Première Guerre mondiale.

Langues et écriture des documents

Langues : français, néerlandais, anglais.

Mode de classement

Le fonds a été divisé en huit séries. La première d'entre elles (n° 1) contient les notes et circulaires adressées aux directions des établissements par le Ministère et ses administrateurs en charge de la gestion des colonies. La deuxième (nos 2-38) renferme les rapports sur la situation des colonies scolaires qui étaient adressés, chaque semaine, par les directions des différents établissements, au Ministère de l'Intérieur ou à ses représentants ainsi que de nombreux rapports portant sur l'état de santé des enfants hébergés au sein des colonies. La troisième série (nos 39-147) se compose de dossiers relatifs à la création et à la gestion d'une soixantaine de colonies scolaires, nées de l'initiative privée ou publique, réparties tant en Suisse qu'en France. Il est à noter que plusieurs de ces dossiers contiennent des photographies. La quatrième série (nos 148-326) comprend l'ensemble de la correspondance échangée par le Ministère et ses administrateurs relative à l'administration des colonies, aux admissions et retraits d'enfants, à la mise en œuvre des évacuations organisées depuis la zone du front ou la Belgique occupée, au rapatriement des enfants, au personnel des colonies scolaires et aux immeubles qui les abritèrent. La cinquième série (nos 327-391) renferme les pièces relatives à la gestion financière et au ravitaillement des colonies scolaires et de leurs économats. Dans la sixième série (nos 392-423), ont été classées les listes d'enfants et de membres du personnel actif au sein des colonies ainsi que les données statistiques relatives à leurs effectifs. La septième série (nos 424-440) renferme les fiches individuelles des enfants évacués. Enfin, l'ultime série (nos 441-444) renferme quelques documents iconographiques : photographies, souvenirs et carte géographique des colonies de Normandie.

Conditions d'accès

Ce fonds d'archives est librement consultable.

Sources complémentaires

Ce fonds pourra être utilement complété par les dossiers relatifs à l'action qu'engagea la Reine Elisabeth en vue de favoriser l'évacuation des " enfants de l'Yser " vers la France et la Suisse et qui sont conservés, au Palais Royal, dans les fonds " Secrétariat de la Reine Elisabeth " et " Secrétariat privé du Roi Albert et de la Reine Elisabeth ". Sur les évacuations des populations civiles de la zone du front, il conviendra de consulter le fonds " Archief De Panne. Onbezet België, 1914-1918 (4)
" ainsi que les archives de Jean-François Maes (5)
conservées aux AE à Bruges. Sur les évacuations d'enfants liégeois vers la Suisse, on se rapportera à un petit fonds relatif à la Colonie belge de Rosières (Suisse), conservés aux AE à Liège (6)
. A noter, enfin, que le centre de documentations du In Flanders Fields Museum d'Ypres conserve une collection d'interviews, réalisées durant les années 1990, parmi des Belges évacués vers l'arrière du front, durant la guerre.

Bibliographie

Mme CARTON DE WIART H., L'Enfant belge et la Guerre, Paris-Bruxelles, 1918.
DELBECKE J. et al., Kinderen in de Eerste Wereldoorlog, Tielt, 2000.
DUFLOU L., Belgische kinderen in Zwitserland gedurende de periode 1915-1919 dans Iepers Kwartier, 19ème année, n°1, mai 1983, p. 1-27.
LEEUWERK E., De kindercolonies in Frankrijk ook genaamd " les enfants de l'Yser ", 1915-1919 dans Tijdschrift van Poperinge, IV, 1, 1974, p. 10-16.
JACQUES C. et PIETTE V., Une grande bataille : sauver l'enfance dans JAUMAIN S. et al. (éd.), La Belgique dans la Première Guerre mondiale. Nouvelles tendances de la recherche historique, Bruxelles, AGR, 2005, p. 171-182.
SCHEPENS L., Retrospectief 14/18.Een oorlog in Vlaanderen, Tielt, 1984.




1Notes et circulaires adressées aux directions des colonies scolaires, 1915-1919.1 chemise